L’actualité spatiale du 15 au 21 octobre : BeiDou, Atlas 5, Ariane 5 et BepiColombo, Microscope

Trois lancements cette semaine et la belle fin d’un satellite scientifique.

Deux nouveaux satellites BeiDou sur orbite

28e lancement de l’année pour la Chine avec une Long March 3B le lundi 15 octobre à 4h23 UTC depuis le centre de lancement des Satellites de Xichang.

Décollage Long March 3B / BeiDou le 15/10/2018 (credit Xinhua/Liang Keyan)

Deux nouveaux satellites, les 39e et 40e du système chinois de navigation BeiDou, ont été mis sur orbite MEO (moyenne vers 22 000 km). C’étaient aussi les 14e et 15e satellites chinois lancés en 2018. ils rejoignent 14 autres satellites de 3e génération BeiDou-3.

L’Académie Chinoise de la Technologie des véhicules de Lancement (CALT), qui a mis au point la fusée Long March 3B, a indiqué que des enregistreurs de données et du matériel de suivi actif avaient été placés à bord du lanceur pour des tests permettant de déterminer l’altitude et le chronométrage pour de futurs atterrissages sous parachutes des boosters. Des tests grandeur nature d’atterrissages des premiers étages sous parachutes sont prévus pour 2019. Cela permettrait sans aucun doute de réduire les atterrissages mal maîtrisés sur des zones habitées comme c’est le cas pour 3 des 4 sites de lancements chinois situés en plein continent, loin de la mer. Les débris sont hautement toxiques pour les populations.

Exemple avec ce lancement du 15 octobre, heureusement sans blessés :

Atlas 5 lance un satellite militaire américain

Un satellite de télécommunications de l’US Air Force a été lancé mercredi 17 octobre à 4h15 UTC depuis Cap Canaveral en Floride par une fusée Atlas V.

Liftoff! Atlas V AEHF-4

Décollage Atlas 5 / AEHF4 le 17/10/2018 (crédit United Launch Alliance)

La séparation du satellite a eu lieu 3h30 après le décollage sur une orbite de transfert géostationnaire elliptique avec un apogée (point culminant) à 35 299 km, un périgée (point bas) à 8 914 km et une inclinaison de 12,8 degrés.

Ce satellite AEHF 4, pesant environ 6 600 kg, rejoindra trois autres satellites précédemment lancés sur Atlas 5 aussi, en 2010, 2012 et 2013. Ils forment un réseau mondial qui, selon les autorités militaires américaines, résiste aux brouillages, aux cyberattaques et même aux guerres nucléaires.

Le satellite AEHF 4 avant sa mise sous coiffe à Cape Canaveral. (Crédit: Lockheed Martin)

Ce lancement était le cinquième et dernier vol Atlas 5 de l’année. La prochaine mission Atlas 5 ne devrait pas avoir lieu avant le mois de mars 2019 et le test sans équipage de la capsule CST-100 Starliner de Boeing.

Ariane 5 met sur bonne voie BepiColombo

Ariane 5 a décollé samedi 20 octobre à 3h45 UTC depuis la Guyane Française avec à son bord les satellites de la mission BepiColombo.

BepiColombo liftoff

Décollage Ariane 5 / BepiColombo le 20/10/2018 (credit ESA – S. Corvaja)

Détails sur la mission à retrouver sur BepiColombo : à l’assaut de Mercure

Fin de Microscope

Le satellite scientifique MICROSCOPE (Micro-Satellite à traînée Compensée pour l’Observation du Principe d’Equivalence) du CNES vient de terminer sa mission de très belle façon.

Lancé le 25 avril 2017, il a testé pendant 15 mois si le Principe d’équivalence est respecté. Ce principe énonce le fait que dans le vide, tous les objets tombent de la même façon, à la même vitesse. Il est à la base de la Relativité Générale d’Albert Einstein [lire Microscope : le laboratoire spatial « parfait » de la physique livre ses premiers résultats].

Mais ses réserves de carburant nécessaires à la correction constante de l’attitude du satellite pour l’acquisition des données scientifiques se sont épuisées.

Le 16 octobre, sa désorbitation passive (sans utilisation de carburant) a été activée. Au lieu d’utiliser les moteurs du satellite, le CNES a décidé de tester une descente d’altitude vers la Terre à l’aide de voiles solaires. Ce nouveau système baptisé « système d’aérofreinage IDEAS » pour Innovative DEorbiting Aerobrake System, a fait passer 2 mâts de 17 cm à 4,5 mètres de longueur, augmentant ainsi la surface de frottement dans l’atmosphère terrestre.

Le système IDEAS replié (crédit CNES)

Désormais, le satellite va descendre plus rapidement (25 ans au lieu de 73 ans sans le système) et finir par se consumer dans l’atmosphère terrestre vers 120 km d’altitude. Par cette méthode passive, le CNES répond à la Loi sur les Opérations Spatiales (LOS), promulguée en 2008, qui consiste à désorbiter totalement un satellite dans un délai de 25 ans afin de réduire les débris orbitaux.

En bref

  • Le rover martien Curiosity est bien passé sur son ordinateur de bord A, non utilisé depuis 2013 [voir récap du 1er au 7 octobre]. Il a même réussi à prendre des photos :

Image du sol martien par la Navcam Left A à bord du robot rover Curiosity lors du SOL 2199 (13/10/2018) (Crédit NASA / JPL-Caltech)

  • Le télescope spatial à rayons X Chandra retourne aux opérations scientifiques. La cause du mode sans échec de Chandra le 10 octobre a été comprise : il a été provoqué par un problème dans l’un des gyroscopes de Chandra, ce qui a entraîné une période de 3 secondes de données erronées, ce qui a amené l’ordinateur de bord à calculer une valeur incorrecte pour le moment cinétique du satellite. L’indication de moment erronée a ensuite déclenché le mode sans échec. Ce gyroscope a été remplacé par un gyro de secours par correctifs logiciels. Chandra a retrouvé son mode de pointage normal.

Le récap en vidéo

Pas de vidéo cette semaine car malade le week end dernier et en début de semaine.

Une réflexion sur “L’actualité spatiale du 15 au 21 octobre : BeiDou, Atlas 5, Ariane 5 et BepiColombo, Microscope

  1. A noter l’annulation des EVA 52 et 53 qui auraient dû être effectuées les 19 et 25 octobre par Gerst et Hague, ceci bien évidemment suite à l’échec du lancement de Soyouz MS-10 / ISS 57-58 (Ovchinin – Hague) le 11 octobre.

    La VKD 46 (VKD = EVA en Russe) qui devait être effectuée un peu plus tard par Prokopyev et Ovchinin afin d’inspecter Soyouz MS-09 se trouve du coup elle aussi annulée.

    Soyouz MS-11 (qui sera ISS 57-58 au lieu de 58-59) sera lancé au plus tôt le 3 décembre (avec pour équipage Oleg D. Kononenko, David Saint-Jacques et Anne C. McClain).

    Il faudrait auparavant que la commission d’enquête publie ses résultats (en principe le 25 octobre), que les divers problèmes de fiabilité du spatial russe soient corrigés et que la Russie parvienne à effectuer d’ici là trois lancements de fusée Soyouz sans équipage (avec des satellites), à commencer par celui de Progress MS-10 le 31 octobre, suivi de deux autres en novembre, ce qui me semble un délai assez difficile à tenir.

    Dans le cas contraire, l’ISS (MKS pour les Russes) pourrait se retrouver sans équipage pendant un délai indéterminé. Sa maintenance serait donc compromise.

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