Ultima Thulé : de nouvelles images plus précises

Le survol de l’astéroïde Ultima Thule par la sonde New Horizons a eu lieu le 1er janvier 2019. Mais les données continuent d’arriver sur Terre, le signal mettant plus de 6 heures pour voyager depuis la sonde, actuellement à plus de 6,6 milliards de kilomètres de la Terre.

Credits: NASA/Johns Hopkins Applied Physics Laboratory/Southwest Research Institute/National Optical Astronomy Observatory

Ce film montre la rotation d’Ultima Thule de 20h00 UTC le 31 décembre 2018 à 05h01 UTC le 1er janvier 2019, telle que vue par l’imageur de reconnaissance à longue portée (LORRI) à bord de New Horizons alors que le survol au plus près s’est effectué à 05h33 UTC. La distance entre la sonde et l’astéroïde passe de 500 000 kilomètres (distance Terre-Lune ~380 000 km) à seulement 28 000 kilomètres. L’échelle de l’image d’origine est de 2,5 kilomètres par pixel dans la première image et de 0,14 kilomètre par pixel dans la dernière image. La période de rotation d’Ultima Thule est d’environ 16 heures. Le film couvre donc à peine plus d’une demi-rotation.

L’équipe scientifique de New Horizons utilisera, entre autres, ces images pour déterminer la forme tridimensionnelle d’Ultima Thule afin de mieux en comprendre la nature et l’origine.

Deux lobes sphériques, peu de cratères

Voici l’image à la plus haute résolution à ce jour de cet objet de la ceinture de Kuiper, KBO (Kuiper Belt Object) :

Ultima Thule par New Horizons (Credit: NASA, JHU’s APL, SwRI )

Voici la traduction du descriptif dans l’article de la NASA :

Obtenue avec la caméra grand-angle multicolore en lumière visible MVIC de l’instrument Ralph de New Horizons, cette image a été prise lorsque le KBO se trouvait à 6 700 kilomètres de l’engin spatial, à 05h26 UTC le 1er janvier, à peine sept minutes avant le survol au plus près de l’astéroïde. Avec une résolution originale de 135 mètres (440 pieds) par pixel, l’image a été stockée dans la mémoire de données de l’engin spatial et transmise à la Terre les 18 et 19 janvier. Les scientifiques ont ensuite affiné l’image pour améliorer les détails. Ce processus, connu sous le nom de déconvolution, amplifie également le grain de l’image lorsqu’elle est visualisée avec un contraste élevé.

L’éclairage oblique de cette image révèle de nouveaux détails topographiques près du sommet le long du terminateur, la ligne fictive entre la surface éclairée et la surface « côté nuit ». Ces détails incluent de nombreuses petites fosses atteignant environ 700 m de diamètre. La grande caractéristique circulaire, d’environ 7 km sur le plus petit des deux lobes, semble également être une dépression profonde. Il n’est pas clair si ces fosses sont des cratères d’impact ou des caractéristiques résultant d’autres processus, tels que des « fosses d’effondrement » ou l’évacuation de matériaux volatils.

Les deux lobes présentent également de nombreux motifs de lumière et d’obscurité intrigants d’origine inconnue, qui peuvent révéler des indices sur la manière dont ce corps a été assemblé lors de la formation du Système Solaire il y a 4,5 milliards d’années. L’un des plus frappants est le « collier » lumineux qui sépare les deux lobes.

Ultima Thule par New Horizons (Credit: NASA, JHU’s APL, SwRI et colorisé par Thomas Appéré)

Ultima Thule est différent des astéroïdes du Système Solaire interne [qui comprend les objets du Soleil jusqu’à l’orbite de Jupiter], car il présente une texture de surface inhabituelle, avec relativement peu de cratères visibles et des lobes presque sphériques.

Les analyses scientifiques se poursuivent pour comprendre l’origine des différentes régions de surface d’Ultima Thule, pour savoir s’il y a une atmosphère, et pourquoi il est de couleur rouge.

Où est New Horizons ?

Vous pouvez voir sa localisation « en temps réel » sur ce site : http://pluto.jhuapl.edu/Mission/Where-is-New-Horizons.php

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