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SMILE observe sa première tempête solaire

La mission SMILE, pour Solar wind Magnetosphere Ionosphere Link Explorer, a commencé fin septembre sa mission scientifique.

Cette mission conjointe entre l’Agence Spatiale Européenne (ESA) et l’Académie chinoise des sciences (CAS) doit révéler comment la Terre réagit au vent des particules chargées du Soleil et nous aider à mieux comprendre les tempêtes solaires, les tempêtes géomagnétiques et la science de la météorologie spatiale.

Illustration (non à l’échelle) d’une éjection de masse coronale du Soleil, qui frappe la magnétosphère terrestre. Les particules chargées du Soleil sont canalisées le long des lignes de champ magnétique terrestre jusqu’à atteindre les régions polaires. Là, ils interagissent avec les particules neutres autour de la Terre, provoquant l’émission de différentes couleurs de lumière. Ce sont les aurores boréales et méridionales. L’encart en haut à droite montre l’emplacement de l’imageur ultraviolet (UVI) sur l’observatoire Smile (crédit ESA)

Depuis le lancement de l’observatoire le 19 mai et l’atteinte de son orbite cible pour les opérations scientifiques le 20 juin, les différents mécanismes ont été déployés et les différents systèmes ont été testé, notamment ses 4 instruments : l’imageur en rayons X (SXI), l’imageur ultraviolet (UVI), l’analyseur d’ions légers (LIA) et le magnétomètre (MAG).

Les différents instruments à bord de SMILE (crédit ESA)

Les premières images en UV

Deux semaines seulement après la mise sous tension de l’UVI, le 24 juillet 2026, l’instrument a pris ses premières images d’aurores boréales autour du pôle Nord en lumière ultraviolette.

Il s’agit de la première caméra à capturer l’anneau complet d’aurores boréales depuis 2008.

Les premières images ultraviolettes de Smile montrent une sous-tempête aurorale autour du pôle nord. La vidéo couvre le 24 juillet 2026 entre 00:00–00:58 UTC, alors que Smile était en cours de mise en service.  Les points sur le côté gauche de la vidéo sont des étoiles lointaines émettant de la lumière ultraviolette (crédit ESA & CAS/Smile/UVI)

Ces images montrent une activité dans l’anneau des aurores boréales due à une perturbation du champ magnétique terrestre causée par une poussée de particules de vent solaire.

Il s’agit de la première image diffusée par la caméra ultraviolette (UVI) de la mission Smile. L’image a été prise le 4 août 2026, après la mise sous tension de l’UVI le 16 juillet 2026. Il montre l’anneau d’aurores boréales autour du pôle Nord, qui à ce moment était particulièrement actif en raison d’une perturbation de la magnétosphère terrestre. La perturbation a été créée lorsque le vent des particules chargées du Soleil écrase les lignes de champ magnétique terrestre, les forçant à se pincer et envoyant une explosion de particules énergétiques se dirigeant vers les pôles nord et sud. Cela peut éclairer le ciel avec les lumières nord et sud (crédit ESA & CAS/Smile/UVI).

La façon dont l’anneau de lumière ondule montre qu’il y a eu une sous-tempête dans la magnétosphère terrestre. Les sous-tempêtes sont de brèves perturbations dans la magnétosphère terrestre qui se créent lorsque le vent de particules chargées du Soleil écrase les lignes de champ magnétique terrestre, les forçant à se pincer et envoyant une explosion de particules énergétiques se dirigeant vers les pôles nord et sud.
Même si les grands sous-orages ne sont pas trop inhabituels, avec environ 300 attendus au cours des trois années où Smile devrait fonctionner, ils sont actuellement plus courants que la normale, car le Soleil est au point le plus actif de son cycle de 11 ans.

L’UVI enregistre désormais les aurores boréales pendant un temps record de 45 heures.

Le vent solaire provoque des « tempêtes magnétiques » dans la magnétosphère terrestre qui provoquent finalement les aurores. Grâce à son imageur ultraviolet (UVI), Smile sera la toute première mission à prendre des photos et des vidéos ultraviolettes des aurores boréales pendant 45 heures d’affilée (crédit ESA).

Et en rayons X

La caméra à rayons X, SXI, de Smile a également été activée avec succès et a pris ses premières images.

Avec SXI, Smile devient le premier observatoire à réaliser des observations détaillées et à long terme du champ magnétique terrestre par rayons X.

Il s’agit de l’une des deux premières images diffusées par la caméra à rayons X (SXI) de la mission Smile.
L’image montre les restes d’une étoile massive explosant dans le Grand Nuage de Magellan, à environ 160 000 années-lumière. Ces restes de supernova chauds à un million de degrés brillent de mille feux sous forme de rayons X, faisant du Grand Nuage de Magellan et du N132D un excellent sujet de test pour Smile (crédit ESA & CAS/Smile/SXI).

Les deux images, toutes deux montrant les conséquences de l’explosion d’une étoile lointaine, ont été prises pour vérifier que la caméra fonctionne comme prévu.

Il s’agit de l’une des deux premières images diffusées par la caméra à rayons X (SXI) lors de la mission Smile.
L’image montre les conséquences de l’explosion de l’étoile Cassiopée A, située à environ 11 000 années-lumière. Ces restes de supernova chauds à un million de degrés brillent à la lumière des rayons X, faisant de Cassiopée A un excellent sujet de test pour Smile (crédit ESA & CAS/Smile/SXI).

Bien que la caméra elle-même fonctionne très bien, lorsqu’elle est pointée vers la Terre, les équipes travaillent actuellement à réduire une certaine lumière indésirable qui a été détectée, même si sa quantité diminuera naturellement au cours des prochaines semaines car moins de lumière est émise par le pôle Nord à mesure que l’on se dirige vers l’hiver nordique. Des paramètres spécifiques et des mises à jour logicielles sont actuellement modifiés et implémentés à bord. 

Une fois sa véritable phase scientifique commencée, Smile examinera les rayons X libérés au bord de la magnétosphère terrestre lorsqu’elle est frappée par des particules chargées provenant du Soleil.

Grâce à son imageur à rayons X mous (SXI), Smile sera la toute première mission à effectuer des observations aux rayons X du champ magnétique terrestre. Ces photos révéleront comment la Terre se défend contre le vent solaire et les tempêtes solaires (crédit ESA)

Premières données de LIA et de MAG

Mis en service le 30 juin 2026, l’instrument d’analyse d’ions légers (LIA) a commencer à collecter des particules de vent solaire avec deux capteurs pour mesurer l’attaque du Soleil (le vent solaire) contre la défense de la Terre (sa magnétosphère).

Ce graphique montre le nombre de particules que LIA a mesurées avec différentes énergies le 11 août entre minuit et 22h38 (crédit ESA & CAS/Smile/LIA).

Mis en service le 27 juin 2026, l’instrument magnétomètre (MAG) mesure le champ magnétique transporté par le vent solaire, pour comparer le vent solaire à la magnétosphère.

Ce graphique montre le champ magnétique mesuré avant (à gauche) et après (à droite) le déploiement du mât sur laquelle repose l’instrument (04h55 UTC). Les capteurs MAG sont placés à l’extrémité du mât de3 mètres de long pour réduire les perturbations causées par l’observatoire (crédit ESA & CAS/Smile/MAG).

Smile : le film de son développement final

L’ESA a publié un documentaire sur le développement de la mission entre juin 2024 et mai 2026 depuis son arrivée au centre technique, l’ESTEC, de l’ESA aux Pays-Bas jusqu’à la campagne de lancement en Guyane :

Source principale : ESA


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