MTG-I2, un nouveau satellite Meteosat de troisième génération sur orbite avec Ariane 6
MTG-I2, le troisième satellite du programme Meteosat Troisième Génération dédié à l’amélioration des prévisions météorologiques en Europe et en Afrique du Nord a été lancé le 27 août à bord d’Ariane 6.

Pour la première fois en 9 vols, Ariane 6 a réalisé une mission à destination de l’orbite de transfert géostationnaire (GTO).
MTG Imager-2 va rejoindre sur orbite géostationnaire le satellite MTG-I1, renommé Meteosat-12, lancé le 13 décembre 2022 à bord d’Ariane 5 et le satellite MTG-S1, renommé Meteosat-13, lancé le 1er juillet 2025 sur Falcon 9. Situés à une altitude d’environ 36 000 km au-dessus de l’équateur, ils peuvent balayer plus de 80 % de la surface de la Terre vue depuis ce point d’observation.
MTG-I2 fournira des images météorologiques à une fréquence sans précédent, jusqu’à une image toutes les 2,5 minutes au-dessus de l’Europe, pour améliorer sensiblement la détection et la prévision immédiate des phénomènes météorologiques violents, notamment les orages, le brouillard dense, les incendies de forêt et les panaches de poussière.
Les satellites MTG-Imager fonctionneront en tandem et embarquent chacun 2 instruments : un imageur de foudre (Lightning Imager – LI) et un imageur combiné flexible (Flexible Combined Imager -FCI). Les imageurs de foudre offrent de nouvelles capacités aux satellites météorologiques européens en surveillant en continu l’activité de la foudre.

Un détecteur d’éclairs LI – Lightning Imager composé de 4 caméras, capable de détecter les éclairs entre les nuages ainsi qu’entre les nuages et le sol dans tous les scénarios possibles (par exemple de nuit comme de jour). Cet instrument unique permettra d’approfondir les connaissances sur la façon dont les éclairs sont générés, d’améliorer les alertes aux populations ainsi que les prévisions météorologiques et la sécurité du contrôle du trafic aérien. Cet imageur est équipé d’un détecteur 1000 x 1170 pixels. La résolution spatiale est de 4,5 km. C’est le premier détecteur d’éclairs européen en orbite et il deviendra le plus performant au monde après sa mise en service.
DCS (Data Colection System) et GEOSAR (GEOstationarySearch & Rescue) sont 2 charges utiles de plus petite taille pour la collecte de données à partir de balises scientifiques à distance ainsi que pour la recherche et le sauvetage par détection de balises d’urgence. Elles vont permettre de recevoir des signaux de détresse et de les retransmettre aux services de secours. DCS est un service opéré par Eumetsat et GEOSAR par Cospar SARSAT.
Les quatre canaux à haute résolution jusqu’à 500 mètres du FCI permettront aux prévisionnistes de suivre plus en détail et avec des intervalles plus rapprochés les phénomènes météorologiques en évolution rapide.
Alors que Meteosat-12 fournit une couverture complète du disque de l’Europe, de l’Afrique et des régions environnantes toutes les 10 minutes, MTG-I2 fournira des images à balayage rapide sur l’Europe et l’Afrique du Nord toutes les 2,5 minutes.
En combinant des analyses rapides fréquentes avec des observations plus larges sur tout le disque et une résolution spatiale améliorée, MTG améliorera considérablement la détection et la prévision immédiate des événements météorologiques violents pour des prévisions plus précises et des avertissements plus précoces pour les citoyens de toute l’Europe.
Une fois pleinement opérationnelle, la constellation MTG devrait produire au moins 50 fois plus de données que les précédents satellites Meteosat de deuxième génération (MSG).
Une fois les 3 satellites MTG en orbite géostationnaire (MTG-I2 doit mettre environ 2 semaines pour rejoindre GEO suivi des tests de plusieurs semaines), le produit de données innovant « Weather Cube » d’Eumetsat va combiner les données des satellites « Imager » et « Sounder » pour créer des représentations en trois dimensions de la foudre, des vents, de la dynamique interne des nuages et d’autres gaz atmosphériques, notamment les gaz à effet de serre et les polluants atmosphériques, au fil du temps.
Le programme Meteosat Troisième Génération (MTG) : 6 satellites
Le programme Meteosat Troisième Génération (MTG) se compose de 6 satellites : 4 satellites imageurs (MTG-I) et 2 sondeurs atmosphériques (MTG-S).
L’ESA est responsable de la définition, de la réalisation des satellites MTG et de l’acquisition du matériel, tandis qu’EUMETSAT est chargé de l’exploitation des satellites pendant toute leur durée de vie. Thales Alenia Space est le maître d’œuvre de ces satellites comme elle l’a été pour les satellites de première et de seconde générations. L’entreprise allemande OHB est le principal partenaire en fournissant notamment la plateforme des satellites. TAS est aussi impliquée dans le développement du segment sol pour EUMETSAT, avec la conception et la réalisation de la composante de traitement des images de premier niveau (Image Data Processing Facility). Telespazio participe au segment sol, tant pour l’acquisition des données que pour la commande et le contrôle des satellites, et fournira à EUMETSAT les services de lancement et de mise en orbite de deux satellites (avec une option pour un troisième).
À partir de 2033, la deuxième série de satellites MTG sera lancée successivement afin de prolonger la durée de la mission au-delà de 2040. Les satellites MTG prennent le relais des services précédemment assurés par les 4 satellites Meteosat de deuxième génération (MSG), mis en orbite entre 2002 et 2015.
Les satellites MTG viennent compléter les satellites de météorologies METOP, dont le premier exemplaire de la seconde génération METOP-SG A1 a décollé le 13 août 2025 à bord du 3e vol Ariane 6.
Deux exemple concret d’utilisation des données Meteosat Third Generation
1) Les « dômes » des orages violents
Le 30 août 2022, un violent orage se forme au-dessus des Pyrénées orientales, puis balaye le sud de la France. Vu du sol, c’est un cumulonimbus impressionnant, mais vu depuis l’espace, il révèle quelque chose de plus : de véritables « dômes » qui dépassent de son sommet.
Sur les images des satellites Meteosat, ces dômes apparaissent comme des zones très froides en infrarouge, souvent entourées d’une enclume nuageuse plus large. En lumière visible, ils projettent parfois une petite ombre sur le reste du nuage. Ces structures, appelées overshooting tops (sommets surplombants), sont la signature de courants ascendants extrêmement puissants, capables de « percer » la couche supérieure du nuage avant de redescendre.

Pour les météorologues, ces dômes sont des indices précieux :
- Ils indiquent que l’orage est intense et probablement organisé (parfois de type supercellulaire).
- Ils signalent un risque accru de phénomènes violents : grêle, fortes rafales, pluies intenses.
- Leur apparition et leur évolution, suivies image après image toutes les quelques minutes par Meteosat, aident à anticiper la phase la plus dangereuse de l’orage.
Les satellites ne voient que le « toit » de l’orage, pas ce qui se passe à l’intérieur ni au sol. Mais leur avantage est de fournir une vue d’ensemble, en continu, même sur des zones mal couvertes par les radars (montagnes, mer, régions peu instrumentées). Combinées aux données radar, aux modèles et aux observations de surface, ces signatures de dômes permettent d’affiner les diagnostics et les alertes à très courte échéance « nowcasting ».

Avec la nouvelle génération Meteosat Third Generation, grâce aux instruments de sondage hyperspectral et l’imageur de foudre, ces structures de sommet pourront être reliées encore plus finement à l’activité électrique et à l’intensité de la convection, rendant la prévision des orages violents encore plus réactive.
Cet exemple illustre bien comment les satellites Meteosat, au-delà de la simple « photo de nuages », deviennent de véritables outils d’investigation physique de l’atmosphère, capables de révéler des détails clés pour la sécurité des personnes et des biens. Source
Voici un texte prêt à intégrer dans ton article sur les satellites Meteosat, sur le même modèle que celui des « dômes » d’orages.
2) Quand la fumée d’un incendie déclenche des orages inattendus
En août 2025, des orages éclatent en Espagne, loin des fronts météorologiques habituels. À première vue, leur formation semble inhabituelle. Mais les images des satellites Meteosat révèlent un lien surprenant : ces orages sont associés à un panache de fumée provenant de grands incendies forestiers.
Sur les images satellites, on voit d’abord un épais panache de fumée dériver avec le vent, puis des cumulus se développer rapidement à l’intérieur même de ce panache. Peu après, les instruments détectent des éclairs dans ces nuages en croissance rapide. Il s’agit de pyrocumulonimbus (ou « pyroCb »), des orages nés directement de l’énergie et des aérosols d’un incendie.
Les données Meteosat sont ici essentielles pour plusieurs raisons :
- Détection du lien feu–nuage–orage : les canaux visibles et infrarouges permettent de suivre en continu le panache de fumée, l’apparition de la convection à l’intérieur, puis la formation d’un sommet nuageux froid typique d’un orage.
- Suivi en temps réel de l’électrification : avec les nouveaux instruments comme l’imageur de foudre de MTG, on peut observer presque en direct où et quand les éclairs apparaissent dans ces nuages « nés du feu ».
- Compréhension des mécanismes : les satellites aident à mettre en évidence le rôle des aérosols de la fumée (particules fines, suies) qui servent de noyaux de condensation, favorisant la formation de nombreuses petites gouttelettes, une convection plus vigoureuse et une électrisation accrue du nuage.
Ces orages « auto-alimentés » par le feu sont particulièrement dangereux : ils peuvent générer des rafales violentes, des précipitations localisées et surtout de nouveaux éclairs capables d’allumer d’autres foyers à distance, compliquant encore la lutte contre l’incendie.
Grâce aux satellites Meteosat, les météorologues et les services de gestion des feux peuvent donc repérer rapidement les panaches de fumée propices à la convection, anticiper la naissance de pyrocumulonimbus, et mieux évaluer les risques d’extension du feu liés à la foudre et aux vents associés.
Cet exemple montre que les satellites météorologiques ne se contentent pas de surveiller le « temps qu’il fait » : ils révèlent aussi des interactions complexes entre incendies, aérosols et orages, devenant des outils clés pour comprendre et gérer les phénomènes extrêmes dans un climat en mutation.
Sources des 2 exemples : https://www.eumetsat.int/features/spotting-tell-tale-domes-dangerous-storms et https://www.eumetsat.int/features/fire-smoke-sparked-unexpected-thunderstorms-over-spain, résumés à l’aide de l’IA.
Pour compléter : présentation de MTG (en anglais)
Images de couverture : Décollage d’Ariane 6 VA270 (crédit 2026 ESA-CNES-ARIANESPACE-ArianeGroup\Optique Video de CSG–S. Martin) et du satellite MTG-I2 en intégration (crédit Thales Alenia Space).

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