La Russie annonce son désengagement de l’ISS après 2024

Le nouveau directeur de Roscosmos, Yuri Borisov, a déclaré que la Russie quitterait la Station Spatiale Internationale après 2024.

Il a déclaré que le déploiement d’une station orbitale nationale commencera à ce moment-là, lors d’une réunion avec le président russe Vladimir Poutine.

Il a ajouté que « l’avenir de l’astronautique devrait être basé sur un programme scientifique systématique, chaque vol devrait enrichir le pays avec des connaissances dans le domaine de l’espace ».

La nouvelle station orbitale russe, appelée communément ROSS pour Russian Orbital Service Station a fait l’objet d’une proposition technique début 2020 avec la désignation industrielle 615GK.

En août 2021, un article sur le site de Roscomos indiquait 2 options :

La première option pour créer la station consiste à moderniser le segment russe ISS avec des modules nodaux, fournisseur d’énergie et scientifique, et après la fin des opérations de l’ISS, leur séparation avec le module de laboratoire multifonctionnel MLM Nauka. Ces trois modules constitueraient le cœur de la nouvelle station, qui à l’avenir pourrait se transformer en d’autres compartiments.

La deuxième option proposée est de créer une station en orbite à haute latitude. Lorsque l’orbite est à 97° vers l’équateur, les panneaux solaires de la station seront toujours éclairés. Cette orbite permettra à l’équipage de voir l’Arctique toutes les heures et demie, et n’importe quel point de la planète, une fois tous les deux jours. La partie de la station face à la Terre devrait être équipée de systèmes d’observation dans divers spectres, de l’optique au radar, et le côté opposé, avec des équipements pour surveiller l’espace.

Selon ce même article, il est indiqué que la création de la station pourrait être prévue en deux étapes. De 2025 à 2030, il serait prévu de lancer des modules scientifiques, nodal et de base, et de 2030 à 2035, il y aurait l’envoi de modules additionnels comme des modules de production, ainsi qu’une plate-forme pour l’entretien des vaisseaux. La station pourrait ne pas être habitée en permanence, mais visitée par des équipages de 2 à 4 personnes. Les lancements pourraient être effectués à partir des cosmodromes de Baïkonour et de Vostochny. Les cargos Progress et les vaisseaux Soyouz, et à terme les vaisseaux Oriol, continueraient de s’envoler vers la nouvelle station dans la première période.

Beaucoup d’experts pensent que c’est la 2e option qui serait retenue : ROSS sera lancée sur une orbite à haute latitude avec une inclinaison de 97° à une altitude de 300-350 km. Depuis ROSS, les cosmonautes pourront voir tout le territoire de la Russie, contrairement à l’ISS dont ils ne peuvent voir que 20% du territoire. La première option n’est pas compatible (le module Nauka) avec une orbite à haute latitude.

La station ROSS, du point de vue de Roscosmos, présente ainsi un certain nombre d’avantages. Tout d’abord, elle peut reproduire et assurer les capacités des satellites de télédétection comme ceux qui surveillent les routes maritimes du Nord. Deuxièmement, dans une orbite à inclinaison plus élevée, le rayonnement cosmique externe est plus fort. Les vols dans de telles conditions, selon Roscosmos, permettront de mieux préparer les cosmonautes pour les missions dans l’espace lointain.

Au moment où j’écris ces lignes, il semblerait que les partenaires de la Russie sur l’ISS n’aient pas été encore informés officiellement de cette décision.

Malheureusement il semblerait que la coopération internationale dans l’espace vit ses dernières années 😞

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