InSight : 1000 sols et de gros séismes

Le 18 septembre, l’atterrisseur InSight de la NASA a célébré son 1 000e jour martien, ou Sol.

Pour rappel, InSight a atterri sur Mars le 26 novembre 2018. Depuis le sismomètre SEIS enregistre les tremblements du sol martien. Malheureusement, la sonde HP3, l’un des 3 instruments de l’atterrisseur, n’a pas réussi à accomplir sa mission. (Et je n’ai pas d’information sur RISE, le 3e instrument)

Les nuages ​​dérivant au-dessus du sismomètre SEIS recouvert de son dôme protecteur (crédit NASA/JPL-Caltech)

3 gros tremblements de sol martien détectés

InSight a détecté des tremblements de sol magnitude 4,2 et 4,1 le 25 août, puis a détecté un autre séisme d’une magnitude d’environ 4,2 le 18 septembre qui a duré près de 90 minutes.

Le plus grand « MarsQuake » [par analogie au Earthquake, tremblement de Terre en anglais] mesuré par InSight précédemment en 2019, avait atteint une magnitude de 3,7, soit environ cinq fois moins puissant qu’un séisme de magnitude 4,2.

Sismogramme d’un tremblement de sol martien détecté par InSight le 25 juillet 2019, au 235e Sol (crédit : NASA/JPL-Caltech)

À la surprise des scientifiques, les séismes du 25 août étaient de deux types différents : le séisme de magnitude 4,2 a été dominé par des vibrations lentes à basse fréquence, tandis que des vibrations rapides à haute fréquence ont caractérisé le séisme de magnitude 4,1. Et ils ont été détectés de jour, alors qu’InSight détecte généralement des tremblements de terre la nuit, lorsque la planète se refroidit et que les vents sont faibles. Mais les signaux de ces tremblements de terre étaient suffisamment puissants pour s’élever au-dessus de tout bruit causé par le vent.

Selon les scientifiques, le séisme de magnitude 4,1 était assez proche de l’atterrisseur, à environ 925 kilomètres. Par contre, le séisme de 4,2 du 25 août s’est produit à environ 8 500 kilomètres d’InSight, le tremblement le plus éloigné que l’atterrisseur ait détecté jusqu’à présent.

Il sera peut-être difficile de déterminer l’origine exacte. Les scientifiques continuent de tenter d’identifier la source et la direction dans laquelle les ondes sismiques ont voyagé. Toutefois, la secousse s’est produite trop loin de là où InSight a détecté la quasi-totalité de ses précédents grands séismes : Cerberus Fossae, une région d’environ 1 609 kilomètres de longueur.

Le triangle jaune marque l’emplacement d’InSight. Les bandes blanches montrent la gamme des distances épicentrales, car les épicentres exacts de la plupart des tremblements de sol martiens ne sont pas déterminés. Certains épicentres sont cependant connus, en particulier deux des plus forts qui étaient situés dans la région de Cerberus Fossae (crédit d’image : Giardini et al ; 2020)

Une des hypothèses qui restent à vérifier serait que ce gros séisme aurait pour origine Valles Marineris, le système de canyons qui marque l’équateur martien. Le centre approximatif de ce système de canyons est à 9 700 kilomètres d’InSight.

L’étude préliminaire du séisme du 18 septembre est encore en cours.

C’est une bonne nouvelle pour les sismologues : l’enregistrement de différents tremblements de terre à différentes distances et avec différents types d’ondes sismiques fournit plus d’informations sur la structure interne d’une planète. 

Les premières publications montrent que Mars a un noyau étonnamment grand et une croûte relativement mince, contrairement aux prédictions. D’autres surprises nous attendent encore.

Une vue en coupe de Mars montrant l’atterrisseur InSight étudiant l’activité sismique. 
Crédit : JT Keane/Nature Geoscience

Merci le nettoyage des panneaux solaires

Depuis l’arrivée sur Mars, la poussière du sol martien s’était accumulée sur les panneaux solaires de l’atterrisseur, entraînant une baisse de la production d’électricité pour les instruments scientifiques.

Alors que Mars s’éloignait du Soleil en raison de son orbite elliptique, les températures martiennes devenaient plus froides et le réchauffage d’InSight était fortement mis à contribution.

Durant l’été, un nettoyage des panneaux solaires à l’été a été effectué avec une méthode inattendue. Ce nettoyage a permis de garder une puissance suffisante pour faire fonctionner le sismomètre et enregistrer ces gros tremblements de Mars.

Selfie d’InSight, mosaïque composée de 14 images prises les 15 mars et 11 avril 2021, par la caméra de déploiement des instruments située sur son bras robotique (crédit NASA/JPL-Caltech)

La mission InSight, prolongée par la NASA, devrait continuer à écouter le cœur de Mars jusqu’en décembre 2022 si tout va bien.

Source principale : NASA’s InSight Finds Three Big Marsquakes, Thanks to Solar-Panel Dusting

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