Vega, premier échec après 14 vols

Le lanceur léger européen opéré par Arianespace vient de connaître son premier échec, après 14 lancements réussis.

Après des reports de tir dus à des vents forts en altitude, mercredi 10 juillet à 22h53 heure locale (jeudi 11 à 1h53 UTC), le vol Vega VV15 a décollé sans souci du Centre Spatial Guyanais.

Décollage Vega VV15 le 10 juillet 2019 (credit live Arianespace)

 

Échec du second étage

Mais environ deux minutes après le décollage, peu après l’allumage attendu du deuxième étage, le Zefiro 23, une anomalie s’est produite, entraînant rapidement une trajectoire dégradée du lanceur.

Visualisation de la trajectoire dégradée de l’étage supérieur Vega VV15 (credit Arianespace)

Le moteur à carburant solide de l’étage principal (P80) a décollé nominalement. Puis le premier étage s’est séparé et le moteur Zefiro 23 du second étage aurait dû s’allumer et aurait dû fonctionner pendant environ 78 secondes.

Selon une publication du CSG, conformément à sa mission de protection des personnes, des biens et de l’environnement, le CNES a assuré le suivi de Vega jusqu’à sa retombée et a envoyé l’ordre de destruction du lanceur, qui s’est abîmé à plus de 400 km des côtes de Guyane. Les autorités préfectorales, aériennes et maritimes ont été aussitôt prévenues.

 

Le Zefiro 23 probablement en cause

Le lanceur Vega (credit Arianespace)

Le Zefiro 23 est un moteur à propergol solide. D’une hauteur de 7,5 mètres, il a un diamètre d’environ 2 mètres et pèse 26 tonnes, dont 24 tonnes de propergol solide. Le Zefiro 23 est conçu pour tirer 107 secondes après le décollage et élever Vega d’une altitude de 44 km à 150 km de la Terre en 80 secondes, fournissant une poussée maximale de 1 120 kN.

Le moteur Zefiro 23 du second étage Vega (credit Avio)

La cause de l’anomalie n’est pas encore connue. Un moteur à propergol solide ne peut pas s’éteindre une fois allumé. Les analyses de télémétries devraient nous en dire plus, dans la mesure où Arianespace communiquera sur les résultats des investigations.

Sur le live, vers 54’10 » de cette vidéo, allumage annoncé du second étage puis rapidement déviation de la trajectoire observée sur les écrans :

A la suite de cet échec, une commission d’enquête a été lancée par l’Agence Spatiale Européenne et Arianespace : elle a pour missions d’analyser les raisons de cet échec et de définir les mesures nécessaires à mettre en œuvre pour un retour en vol de Vega dans toutes les conditions de sécurité requises. Cette commission d’enquête est coprésidée par l’Inspecteur général de l’ESA et le Directeur technique et qualité d’Arianespace et bénéficie également du soutien de spécialistes du CNES. Le fabricant AVIO du lanceur est également impliqué dans l’analyse des causes de l’échec.

 

Le satellite FalconEye-1 perdu

La fusée Vega avait pour objectif de placer le satellite FalconEye-1 d’observation de la Terre à très haute résolution, sur une orbite héliosynchrone quasi-circulaire à une altitude de 611 km. Ce satellite a été construit par le consortium Airbus Defence and Space /Thales Alenia Space pour le compte des Emirats Arabes Unis. Le contrat prévoit la fourniture de 2 satellites et d’un segment sol. Avec à la perte de FalconEye-1, le 2e satellite sera encore plus attendu, mais son lancement prévu également sur Vega va probablement être décalé. Les assurances vont entrer en jeu et un satellite de remplacement pourrait être commandé au consortium si le client le demande.

Mise sous coiffe du satellite FalconEye-1 (credit ESA / CNES / Arianespace – Photo Optique Vidéo du CSG – P. Baudon)

Les opérations de préparation de la prochaine mission Ariane 5 se poursuivent nominalement d’après le communiqué. Le prochain vol étant prévu à ce jour le 24 juillet.

Autre point de vue sur cet échec dans l’article d’Eric : Echec de la mission Vega VV15

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