Sophie Adenot, une nouvelle astronaute européenne et française, dans l’ISS
Sophie Adenot vient d’arriver ce 14 février à bord de la Station Spatiale Internationale au sein de l’équipage Crew-12. L’astronaute de l’Agence Spatiale Européenne est devenue la 11e astronaute française.
Sophie fait partie de l’équipage Crew-12, composé de Jessica Meir (commandante), Jack Hathaway (pilote du Crew Dragon), Andrey Fedyaev (spécialiste de mission) et Sophie Adenot (spécialiste de mission).
Crew-12 a décollé à bord d’une Falcon 9 le 13 février à 10h15 UTC.
Moins de 10 minutes après, l’équipage à bord du vaisseau Crew Dragon Freedom se retrouvait en orbite terrestre.
L’amarrage du vaisseau à la Station est arrivé après 34 heures de vol, le 14 février à 20h15 UTC.
Les premiers mots de Sophie :
Bonjour les Français depuis la capsule Dragon. […] La Terre est vraiment, vraiment belle depuis là haut. Merci à tous de votre soutien et de votre enthousiasme. Ça nous fait chaud au cœur.
Il aura fallut attendre un peu plus de 2 heures pour voir Crew-12 rentrer dans l’ISS. Sophie Adenot est entrée en premier, toute radieuse, suivie de Jack Hattaway (1er vol) qui semblait souffrir du mal de l’espace, puis Andreï Fedyayev (2e vol) et Jessica Meir (2e vol).
Crew-12 a été accueilli à bord par l’astronaute de la NASA Christopher Williams et les cosmonautes de Roscosmos Sergei Kud-Sverchkov et Sergei Mikayev, qui se trouvent dans la Station depuis leur arrivée à bord d’un Soyouz en novembre 2025.
Sophie Adenot, 25 ans après Claudie Haigneré
Sophie devient aussi la seconde française, 25 ans après la seconde mission de Claudie Haigneré, Andromède, en 2001, ou 30 ans après la première, Cassiopée.

Sophie Adenot, 44 ans, a été sélectionnée comme candidate astronaute en novembre 2022. Avec Raphaël Liegois, le belge, elle est la première assignée à une mission en mai 2024, juste après la fin de leur formation de base. Raphaël devra attendre fin 2027 semble-t-il pour s’envoler à son tour.
S’en est suivi un peu moins de 2 ans de formation tout autour du monde : au Centre Johnson de la NASA pour les sous-systèmes de l’ISS et l’entraînement aux sorties spatiales (EVA, extra-vehicular activity), à l’agence spatiale canadienne ASC-CSA pour les simulations d’opérations du bras robotique, à l’agence spatiale japonaise, la JAXA, au centre d’entraînement des astronautes européen (EAC) à Cologne pour les expériences scientifiques et un passage au CNES à Toulouse pour les expériences françaises.
Moins de 4 ans de formation à la mission, c’est relativement court pour un astronaute de carrière. Pour mémoire, Thomas Pesquet, sélectionné en 2009, n’a effectué son premier vol qu’en 2016. Luce Parmitano, également sélectionné en mai 2009 a lui effectué sa première mission en mai 2013.
Un parcours inspirant
Entre 2001 et 2003, Sophie a étudié l’ingénierie et est diplômée de l’ISAE-SUPAERO à Toulouse, où elle s’est spécialisée dans la dynamique de vol des engins spatiaux et des avions. Elle a ensuite obtenu une maîtrise ès sciences en ingénierie des facteurs humains au MIT (Massachusetts Institute of Technology) de Boston, aux États-Unis, en 2004. Elle faisait partie du “Laboratoire Homme-Véhicule” et son mémoire de maîtrise visait à étudier comment le système vestibulaire s’adapte à la gravité artificielle afin de concevoir une formation à la centrifugeuse pour les astronautes.
En 2005, Sophie rejoint l’armée de l’air française pour sa formation militaire de base et sa formation initiale au pilotage pour devenir pilote d’hélicoptère.
En 2018, elle a obtenu son diplôme avec distinction en tant que pilote d’essai d’hélicoptère de l’Empire Test Pilots’ School de Boscombe Down, au Royaume-Uni.
Après avoir obtenu sa maîtrise en 2004, Sophie a travaillé pendant un an comme ingénieure de recherche en conception de cockpit d’hélicoptère chez Airbus Helicopter à Marignane.
Entre 2008 et 2012, elle a été pilote de recherche et de sauvetage à la base aérienne de Cazaux et a participé à plusieurs vols de sauvetage dans des environnements désertiques et hostiles.
Elle rejoint ensuite l’escadron de transport de la Haute Autorité à Villacoublay et sert comme chef de vol en formation et capitaine de mission de 2012 à 2017.
Entre 2019 et 2022, Sophie a travaillé comme pilote d’essai expérimental d’hélicoptère au Centre d’essais en vol de Cazaux auprès de la Direction Générale de l’Armement (DGA). Elle a enregistré 3 000 heures de vol et a volé sur 22 types d’hélicoptères différents. Elle est également titulaire d’une licence de parachutiste militaire, d’une licence de pilote d’avion léger et d’une licence de pilote de planeur.
Sophie a reçu l’Ordre national du mérite (Chevalier) en 2022 et la médaille de l’Assemblée nationale française honorant ses actions en tant qu’ambassadrice inspirante de l’égalité des sexes dans les sciences en 2021.
Sophie est active dans plusieurs sports d’aventure en plein air notamment les sports de montagne (ski, VTT). Sophie est professeure de yoga certifiée, possède une licence de plongée sous-marine et est parachutiste de formation. Ses autres intérêts incluent la lecture, les voyages et la musique classique.
Dans ses interviews, Sophie parle souvent de Claudie Haignéré comme l’ayant inspiré tout au long de son parcours.
Sophie est devenue la 11e astronaute française de l’histoire.

La mission εpsilon démarre
Comme c’est la coutume pour les astronautes européens, le nom de la mission de Sophie Adenot a été annoncé à quelques mois du départ en juin 2025 : εpsilon [détails dans cet article].

Pendant cette mission qui devrait entre 8 et 9 mois, Sophie va réaliser des centaines d’expériences dont celles développées par l’Agence Spatiale Européenne et par l’agence spatiale française, le CNES [détails des expériences françaises dans des articles dédiés à venir].
εpsilon est en passe de devenir la plus longue mission spatiale de l’ESA à ce jour.
Un nouvel appareil pour le sport en microgravité
Comme tous les astronautes, Sophie devra faire 2 à 3 heures de sport par jour pour entretenir ses muscles, ses os et son système cardiovasculaire, et préparer son corps au retour à la gravité terrestre.
Sophie va être la première à tester dans l’ISS le nouveau système d’exercice en vol compact et polyvalent conçu par l’ESA et développé par la société aérospatiale danoise (DAC) : l’European Enhanced Exploration Exercise Device (E4D).

E4D combine quatre modes d’exercice : entraînement résistif, cyclisme, aviron et traction de corde, offrant une large gamme d’entraînements et la flexibilité d’en ajouter de nouveaux plus tard. Par rapport aux autres systèmes déjà présents dans l’ISS, E4D intègre une capacité d’auto‑surveillance grâce à une capture de mouvement basé sur des caméras déployées dans le module Columbus qui permet aux astronautes de suivre leurs performances, d’évaluer l’exécution de leurs mouvements et d’autocorriger leur posture en temps réel.
Prévu pour arriver dans l’ISS en avril 2026, à bord du cargo Cygnus NG-24, E4D sera installé dans le module européen Columbus. Il entrera ensuite dans une phase de démonstration technologique où plusieurs membres d’équipage testeront jusqu’à 100 variantes d’exercices.
La gastronomie française dans l’ISS
Comme pour les astronautes français précédents, la gastronomie française va s’exporter dans l’ISS. Sophie Adenot a choisi la cheffe française Anne-Sophie Pic, la cheffe féminine la plus étoilée Michelin au monde.

Un menu spécial a été créé : La crème de foie gras brioche, grillée et citron confit • La bisque de homard, tourteau et carvi • Le velouté de panais au curry et haddock • La soupe à l’oignon et à la baie rose, croûtons gratinés • L’effiloché de boeuf braisé à l’ail noir et à la vanille fumée • La volaille au poivre voatsiperifery, à la tonka et polenta crémeuse au comté • Le riz au lait à la coco et vanille fumée • La crème chocolat à la fleur de cazette et café.
Comme pour le reste de l’alimentation des astronautes, le menu « bonus » a dû respecter des contraintes techniques : être sans miettes, légère, en conserve ou lyophilisés dans des emballages en plastique, et se conserver pendant au moins 24 mois.

Bon séjour dans l’ISS à Sophie ! On suivra la mission dans mes réseaux sociaux et des articles à venir.
Source biographie : ESA




