Solar Orbiter croise la comète Atlas

Alors que la sonde européenne Solar Orbiter est en chemin vers le Soleil pour son étude, elle vient de croiser la queue de la comète Atlas.

Un passage photographié par un autre satellite

Le satellite Stereo-A de la NASA a capturé une image de Solar Orbiter alors qu’elle passait dans la queue de la comète entre le 25 mai et le 1er juin.

Solar Orbiter photographiée par Stereo-A. Dans cette image animée, la queue de la comète Atlas apparaît blanche à gauche. La planète Mercure est également visible sous la forme d’un point brillant émergeant de la gauche dans le champ stellaire stationnaire. Les stries verticales de l’image sont des artefacts créés par saturation d’étoiles très brillantes.(Crédit:  NASA / NRL / STEREO / Karl Battams)

Le satellite Stereo-A (pour Solar Terrestrial Relations Observatory, ou Observatoire des relations Soleil-Terre) est l’un des 2 observatoires du Soleil de la NASA toujours actif pour l’étude des « bulles » de plasma éjectées par la couronne solaire.

La comète Atlas en fin de vie ?

La comète C/2019 Y4 ou ATLAS a été découverte le 28 décembre 2019 dans des images capturées par le système d’alerte terrestre ATLAS (Asteroid Terrestrial-impact Last Alert System, ou Système d’alerte ultime d’impact d’astéroïde) à Hawaï. Les comètes sont traditionnellement nommées d’après les instruments ou la personne qui les a découvertes.

La comète Atlas par Saci sur Astrosurf le 1er avril 2020

La comète suit une orbite qui la dépasse du Soleil tous les 6 000 ans environ, bien que des observations suggèrent que la comète se désintègre actuellement et a peu de chances de revenir.

Le télescope spatial Hubble a fourni aux astronomes la vue la plus nette à ce jour de l’éclatement de la comète C / 2019 Y4 (ATLAS). Le télescope a résolu environ 25 fragments de la comète le 23 avril. La comète a été découverte pour la première fois en décembre 2019 par le système ATLAS (Asteroid Terrestrial-impact Last Alert System) et sa fragmentation a été confirmée en avril 2020. (crédit NASA, ESA, D. Jewitt (UCLA), Q. Ye (University of Maryland), CC BY 4.0)

Atlas est probablement originaire du nuage d’Oort, un nuage sphérique de glace et de roches entourant notre Système Solaire. Le nuage d’Oort commence à environ 185 milliards de kilomètres, soit 67 fois plus loin que Neptune.

Représentation du Nuage d’Oort (crédit D. Yeoman/NASA/JPL)

Lorsque de la matière se détache du noyau d’une comète, elle laisse derrière elle deux queues : une fine queue ionique, faite de particules chargées, et une queue de poussière plus diffuse qui réfléchit la lumière visible. La queue ionique pointe toujours loin du Soleil quelle que soit la trajectoire de la comète ; la queue de poussière suit de plus près le chemin de la comète. 

La comète Hale-Bopp et les différentes composantes d’une comète (via http://www.centre-astro.com/)

Solar Orbiter a traversé la queue ionique le 31 mai, à environ 44 millions de kilomètres en aval et à travers les restes de la queue de poussière le 6 juin.

Mise en service de SolO plus tôt que prévu

Lancé en février 2020, Solar Orbiter ou SolO ne devait pas entrer en opérations scientifiques complètes avant le 15 juin, mais les ingénieurs de l’ESA ont ajusté le calendrier des tests et allumé ses quatre instruments les plus pertinents pour la rencontre avec la queue de la comète. 

Solar Orbiter est équipé d’une suite de 10 instruments in situ et de télédétection pour étudier le Soleil et le flux de particules chargées qu’il libère dans l’espace, le vent solaire. Les quatre instruments in situ sont également parfaits pour détecter les particules des queues de la comète.

Les instruments de Solar orbiter (crédit ESA) – explications en français

Si la queue ionique est suffisamment dense, le magnétomètre de Solar Orbiter (MAG) pourrait détecter la variation du champ magnétique interplanétaire en raison de son interaction avec les ions dans la queue de la comète, tandis que le Solar Wind Analyzer (SWA) pourrait directement capturer certaines des particules de la queue .

Pour l’instant il n’y a pas eu de communications ou de publications sur les résultats éventuels des mesures des instruments lors de cette rencontre.

Bientôt le premier périhélie

La phase de mise en service de Solar Orbiter est désormais terminée. La phase de croisière commence !

SolO va effectuer son premier passage rapproché du Soleil, ou périhélie, au 15 juin, à environ 77 millions de kilomètres du Soleil.

La trajectoire se Solar Orbiter (crédit ESA)

Sources principales : site NASA et site ESA

Photo de couverture par Olivier31 sur Astrosurf

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