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Blue Origin reconstruit son pas de tir LC-36 après l’explosion de New Glenn

Blue Origin a lancé la reconstruction de son pas de tir LC-36 à Cap Canaveral après l’explosion de New Glenn survenue lors d’un essai au sol le 28 mai dernier. L’entreprise veut relancer les vols avant la fin de 2026, avec une méthode de lancement profondément modifiée.

New Glenn sur le pas de tir le 18 avril avant son 3e vol (crédit Blue Origin).

L’explosion du lanceur New Glenn a fortement endommagé le complexe de lancement LC-36, détruisant le paratonnerre et le transporteur-érecteur [le système qui transportait le lanceur sur le pas de tir et le mettait à la verticale, visible accolé au lanceur sur la photo ci-dessus].

Le site a dû être déblayé avant que les premières étapes de reconstruction puissent commencer. Malgré la violence de l’incident, Blue Origin affirme avoir rapidement sécurisé la zone et retiré l’essentiel des débris en 9 jours avec des équipes travaillant 24 heures sur 24.

Vidéo partagée par Dave Limp, CEO de Blue Origin, montrant les dommages sur le pas de tir et le début du déblaiement des débris.

Un nouveau concept d’exploitation du pas de tir

Blue Origin ne reconstruit pas le site à l’identique. L’entreprise passe à une configuration hybride, mêlant assemblage horizontal et redressement vertical de la fusée sur le pas de tir.

Les étages GS1 et GS2 (premier et second étages) seront intégrés dans le bâtiment prévu à cet effet, l’Integration Facility (IF), puis une grue assurerait la mise en position finale. La grue soulève le lanceur sur la table de lancement rénovée, où il s’accouple à l’anneau de maintien du lanceur. Des connexions ombilicales sont établies entre la tour principale et la fusée.

Pose du lanceur sur le pas de tir avec une grue (crédit Blue Origin)

La charge utile est transportée jusqu’à la base de la plateforme et soulevée au sommet de New Glenn. Une fois fixé au lanceur, le cordon ombilical de la charge utile s’enclenche. La grue dégage la plateforme et le véhicule est prêt à être lancé.

Arrivée de la charge utile sur le pas de tir qui va être érigée au-dessus du lanceur (crédit Blue Origin)

Ce changement permet de se passer du transporteur-érecteur détruit lors de l’explosion. Il pourrait aussi simplifier certaines opérations et accélérer les cadences de lancement.

Blue Origin travaillait déjà à cette configuration sur la variante 9×4 pour le pas de tir LC-36B. La version 9×4 de New Glenn est la future variante super-lourde du lanceur de Blue Origin avec 9 moteurs BE-4 au premier étage et 4 moteurs BE-3U au second étage. Elle est pensée pour envoyer des charges beaucoup plus massives que la version actuelle 7×2, avec environ 70 tonnes en orbite basse, 20 tonnes vers la trajectoire lunaire et 14 tonnes vers l’orbite géostationnaire. Blue Origin annonce aussi une coiffe plus grande, potentiellement réutilisable, d’environ 8,7 mètres de diamètre, pour emporter des satellites ou des éléments de mission plus volumineux.

Malgré les dégâts, plusieurs équipements essentiels n’ont pas été perdus. Des installations liées aux ergols ainsi que certaines infrastructures de soutien semblent réparables ou encore exploitables, comme le château d’eau. La tour de service a été abîmée, mais BO estime qu’elle peut être réparée plutôt que remplacée.

Un calendrier ambitieux

Compte tenu des enjeux industriels, Blue Origin maintient son objectif de reprise des vols en 2026. Sans ce pas de tir, Blue Origin ne peut pas maintenir un rythme de lancement durable de son lanceur New Glenn et assurer à la fois le déploiement de la constellation Amazon Leo et les missions lunaires des atterrisseurs Blue Moon.

Le site joue un rôle central dans la montée en puissance de l’entreprise sur le marché des lanceurs lourds. La reconstruction du complexe est aussi un signal envoyé à la concurrence, notamment à SpaceX. Si Blue Origin parvient à relancer New Glenn dans les temps, elle montrera qu’elle peut absorber un accident majeur sans perdre son élan.

Mais ce calendrier reste ambitieux. Plusieurs experts estiment les travaux entre 12 et 18 mois. À suivre …

Quant aux causes de l’explosion du lancement en mai, l’enquête se poursuit. Selon le communiqué de Blue Origin sur les réparations en cours [et source principale de cet article], les premières analyses pointent vers la partie arrière du premier étage.

Vidéo partagée par Dave Limp, CEO de Blue Origin, montrant les travaux de réparation de la tour de lancement.

Image de couverture : crédit Blue Origin

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