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Artemis

Artemis II : le décollage est repoussé au plus tôt en mars après la répétition générale

La répétition générale d’Artemis II avec un test de remplissage en propergol cryogénique de la fusée SLS, s’est conclue ce mardi 3 février 2026 au Kennedy Space Center. Avec une anomalie entraînant une fuite d’hydrogène, la NASA a décidé de reporter le lancement prévu initialement sur les fenêtres de tir de février à début mars au plus tôt.

Prochaines opportunités de lancement les 6, 7, 8, 9 et 11 mars, puis les 1er, 3, 4, 5 et 6 avril (Les fenêtres de lancement susceptibles d’être modifiées par une analyse mise à jour environ deux mois avant leur début) (crédit NASA).

Le compte à rebours de la « répétition générale humide » ou Wet Dress Rehearsal (WDR), sans l’équipage à bord du lanceur, a commencé le samedi 31 janvier à 20h13 heure de Floride (dimanche 1er février à 0h13 UTC), soit 48 heures et 40 minutes avant l’ouverture d’une fenêtre de lancement simulée à 2h00 UTC le mardi 3 février. Cette répétition a commencé avec 48 heures de retard sur le planning initial en raison des conditions météorologiques inhabituelles sur le Kennedy Space Center : des températures en dessous de 0 °C.

Moonrise: SLS Artemis II
Le SLS sur le pas de tir LC-39B le 1er février 2026 (crédit UL, fabricant de l’ICPS).

À cause de ces températures, le vaisseau Orion est resté sous tension ces derniers jours et la chronologie a été perturbée, le froid affectant les interfaces et les caméras.

Le 1er février, les étages différents étages du SLS (core stage et ICPS) ont été successivement activés. Puis les connexions ombilicales, les communications, et différents équipements sur le pas de tir (bras d’accès, évacuation d’urgence) ont été testés. Les batteries de vol d’Orion et de l’étage central ont été chargées.

L’étage central du SLS : réservoir LH2 (2) et LOX (4) (crédit NASA).

Le 2 février, la phase de remplissage des réservoirs de l’étage central et de l’étage supérieur ICPS en Hydrogène liquide (LH2) et en oxygène liquide (LOX) a été effectué en plusieurs étapes : remplissage rapide « fast fill » puis mise à niveau « replenish » des réservoirs LH2/LOX.

Infographie sur l’étage ICPS (crédit NASA).

Une fuite d’hydrogène liquide dans une interface utilisée pour acheminer le propulseur cryogénique vers l’étage central de la fusée a arrêté le remplissage en LH2 vers 18h50 UTC le 2 février.

La fuite est apparue au même endroit que lors de la campagne de lancement d’Artemis I il y a près de trois ans. L’hydrogène liquide et l’oxygène liquide s’écoulent des réservoirs de stockage au sol vers l’étage central du SLS via ce que l’on appelle les Tail Service Mast Umbilicals (TSMU), deux nacelles grises d’environ 30 pieds de haut s’élevant de la base de la plate-forme de lancement mobile de la fusée. Les TSMU acheminent les conduites de propulseur à travers des connexions près du bas de l’étage central, là où les plaques ombilicales côté fusée et côté sol se rencontrent. Au décollage, les plaques ombilicales se déconnectent alors que la fusée commence sa montée hors de la rampe de lancement.

L’hydrogène liquéfié doit être stocké à moins 253 °C, suffisamment froid pour modifier la forme et la taille des joints et autres produits textiles dans la conduite de ravitaillement. Cela peut créer des chemins de fuite difficilement détectables à température ambiante.

Localisation des différents ombilicaux qui relient le SLS à la tour de lancement (crédit NASA)

Lors d’une conférence de presse ce 3 février, la directrice de lancement, Charlie Blackwell-Thompson, a expliqué qu’ils ont utilisé une procédure de secours déjà employée lors de la mission Artemis I : laisser le joint du raccord rapide se réchauffer avant de tenter un nouveau remplissage. « Nous avons répété l’opération à plusieurs reprises, ce qui nous a permis de résoudre le problème et de remplir complètement l’étage central. »

Au final, les réservoirs de la fusée SLS ont été remplis de plus de 2,65 millions de litres de carburants.

Illustration du remplissage des réservoirs sur le live NASA. Attention, il y a une inversion des réservoirs de l’ICPS (carré rouge).

Une fois le ravitaillement en carburant terminé, l’équipe « Close out Crew » [voir cet article] a procédé à la simulation de l’écoutille du vaisseau Orion. Cependant, un incident a retardé l’opération : une vanne associée à la pressurisation de l’écoutille d’Orion a été « ouverte par inadvertance » selon la NASA.

    Malgré plusieurs difficultés, de nombreux objectifs ont été atteints, mais le WDR s’est arrêté à T-5 minutes et 15 secondes du lancement simulé en raison d’une augmentation de la fuite d’hydrogène liquide, au lieu des T-33 secondes espérés.

    La fusée a ensuite été vidée de ses ergols et mise en sécurité. Pour le moment, la NASA n’envisage pas un retour du lanceur au bâtiment d’assemblage, le VAB, d’où elle en est sortie le 17 janvier dernier.

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    Sortie du SLS Artemis II du Vehicle Assembly Building le 17/01/2026 (crédit NASA/Kim Shiflett)

    Les astronautes, Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch, Jeremy Hansen, qui sont en quarantaine médicale depuis le 21 janvier, vont en sortir et rester au Centre Johnson de Houston en attendant la nouvelle date de lancement après la seconde répétition générale à venir, et avant de rejoindre le Kennedy Space Center. Ils rentreront à nouveau en quarantaine 2 semaines avant la prochaine date de lancement prévisionnelle.

    L’équipage d’Artemis II en quarantaine (crédit NASA/Reid Wiseman)

    Avec plus de trois ans entre les 2 lancements SLS, ce test révèle des problèmes attendus pour optimiser le lancement. La NASA va effectuer une revue des données, les réparations nécessaires et un second WDR, avant de décider d’une nouvelle date de lancement.

    La NASA priorise la sécurité, comme l’a souligné l’administrateur Jared Isaacman : « Safety always comes first ».


    Sources principales : blog NASA et Ars Technica.

    Crédit image de couverture : NASA

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