Rêves d'Espace

Un site sur l'actualité spatiale : les vols habités, les lancements, l'exploration de l'espace, les grandes missions actuelles et futures

ISS, CSS & vols habités en orbite basse

Le décollage de Sophie Adenot, astronaute européenne, nouvelle française dans l’espace : à quoi s’attendre

Sophie Adenot doit décoller ce mercredi 11 février à bord du vaisseau Crew Dragon pour la Station Spatiale Internationale au sein de l’équipage Crew-12. L’astronaute de l’Agence Spatiale Européenne deviendra la 11e astronaute française.

The four members of NASA's SpaceX Crew-12 mission to the International Space Station
L’équipage Crew-12 : Andrei Fedyaev, Jessica Meir, Jack Hathaway et Sophie Adenot (crédit NASA)

L’équipage Crew-12 doit décoller à bord d’une Falcon 9 le 13 février à 10h15 UTC. Les astronautes de la NASA Jessica Meir et Jack Hathaway, le cosmonaute de Roscosmos Andrei Fedyaev et Sophie Adenot vont ensuite rejoindre l’ISS pour une mission d’au moins de 8 mois.

Que va-t-il se passer exactement ?

Préparation au lancement

Un peu moins de 4 heures avant le décollage, le T0, les 4 astronautes vont revêtir leurs combinaisons de vol. Ces combinaisons sont faites pour protéger les astronautes d’une perte soudaine de pression atmosphérique du vaisseau et d’un éventuel incendie.

Les quatre membres de la mission Crew-12 posent ensemble pour un portrait d’équipage dans leurs combinaisons pressurisées au siège de SpaceX à Hawthorne, en Californie. De gauche à droite, Andrey Fedyaev, Jack Hathaway, Jessica Meir, et Sophie Adenot (crédit SpaceX).

La commandante, Jessica Meir, jouera à un jeu de cartes avec le chef du bureau des astronautes de la NASA, actuellement l’ancien astronaute Scott Tingle (depuis novembre 2025), jusqu’à ce qu’elle gagne.

Puis, l’équipage quittera la salle d’habillage au bâtiment des opérations Neil Armstrong au Centre Spatial Kennedy de la NASA.

Tout comme les cosmonautes qui volent à bord du véhicule russe Soyouz, les astronautes de l’ESA qui embarquent à bord d’un véhicule Crew Dragon depuis les États-Unis se plient à quelques traditions avant le lancement (crédit ESA)

Après moins de 30 minutes en voiture jusqu’au pas de tir, ils rejoindront via la tour d’accès et la rampe rétractable le vaisseau spatial Crew Dragon Freedom installé au-dessus de la fusée Falcon 9, à 65 mètres de hauteur.

Le vaisseau Freedom a été amené dans le hall d’assemblage du pas de tir LC-40 au Kennedy Space Center le 4 février.

Arrivée du vaisseau Freedom au LC-40 (crédit SpaceX)

La capsule, la partie habitable du vaisseau [voir illustration ci-dessous] a déjà volé 4 fois : Crew-4, Ax-2, Ax-3 et Crew-9.

Illustration des différentes parties du vaisseau/cargo Dragon (crédit SpaceX, traduction Rêves d’espace)

Après que les 4 astronautes ont été fermement attachés à leur siège par le personnel de SpaceX, la trappe d’accès du vaisseau sera fermée. Celle-ci ne devrait se rouvrir qu’une fois l’amerrissage effectué au retour sur Terre de la capsule, prévu à ce jour d’ici 8 à 9 mois. Commence ensuite une longue check-list de vérifications diverses.

À T-42 minutes (T0 = moment du décollage), la rampe d’accès au vaisseau sera rétractée.

À T-39 minutes, le système d’évacuation d’urgence sera activé. En cas de problème lanceur, notamment lors du dernier remplissage en carburants de la Falcon 9 à 35 minutes du décollage, ce système permet d’éjecter la capsule à haute vitesse loin du lanceur pour évacuer en toute sécurité les astronautes.

À T-35 minutes, les réservoirs du premier étage de la Falcon 9 sont remplis en Kérosène RP-1 puis en oxygène liquide (LOX). À T-16, c’est le remplissage des réservoirs du second étage du lanceur.

À T-5 minutes, le vaisseau Crew Dragon passe sur batteries internes.

À T-1 minutes les réservoirs du premier étage sont mis sous pression et l’ordinateur de bord de la Falcon 9 effectue les dernières vérifications de ses sous-systèmes.

Le « GO for launch » sera donné par le directeur de vol à T-45 secondes, après vérifications que tous les systèmes (lanceur, vaisseau, segment sol et météo) sont comme attendus « au vert ».

Les 9 moteurs du premier étage de la Falcon 9 seront allumés à T-3 secondes.

À T0, décollage 🚀

Rendez-vous avec l’ISS

À T+1’12 », la Falcon 9 et le Crew Dragon atteindront MaxQ, le moment où la force aérodynamique sur le lanceur et le vaisseau est maximale, et donc le moment où les structures sont le plus sollicitées.

La séparation du Crew Dragon du second étage du lanceur devrait intervenir 9 minutes et 37 secondes après le décollage, une fois arrivé sur orbite basse. Le capot de protection du système d’amarrage devrait être soulevé peu de temps après, à 10’25 », pour s’assurer qu’il est bien relevé en vue de l’amarrage à venir.

Une fois en orbite, l’équipage et le contrôle de mission de SpaceX au siège social de l’entreprise à Hawthorne en Californie, soutenu par le Mission Control de la NASA à Houston au Texas, vérifieront que le vaisseau spatial fonctionne comme prévu en testant le système de contrôle d’environnement de la capsule, les écrans, le système de contrôle d’attitude et les propulseurs de manœuvre, entre autres.

Dragon effectue ensuite des manœuvres d’élévation d’orbite pour rattraper la Station Spatiale Internationale. Lorsque Crew Dragon est en position de rendez-vous pour s’amarrer à la Station Spatiale, il établit une liaison de communication avec l’ISS et effectue un dernier allumage moteur pour augmenter son orbite. Dragon établit une navigation relative vers l’ISS et arrive le long de l’axe d’amarrage, initiant une approche autonome.

Une fois en orbite autour de la Terre, il faut plusieurs heures à une journée au Crew Dragon pour rejoindre la Station spatiale internationale (crédit ESA)

Le vaisseau spatial est conçu pour le faire de manière autonome, mais les astronautes à bord, ainsi que ceux à bord de l’ISS, surveilleront l’approche et l’amarrage et pourront prendre le contrôle du vaisseau spatial si nécessaire.

Si tout va bien, l’amarrage est prévu jeudi 12 février à partir de 15h30 UTC (16h30 heure de Paris), et la Station Spatiale Internationale accueillera 4 nouveaux locataires, une fois la pression normalisée entre la Station et le vaisseau, la vérification d’absence de fuites et l’ouverture des écoutilles de part et d’autre.

Cela permettra de revenir dans une situation nominale à bord de l’ISS : un équipage venu en Soyouz et un équipage arrivé en vaisseau américain. Depuis le retour anticipé de Crew-11, il n’y a aujourd’hui que 3 astronautes dans l’ISS : Sergey Kud-Sverchkov (commandant de l’ISS), Sergey Mikaev et Christopher Williams.

Publicités

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.