Sophie Adenot, 50 jours dans la Station Spatiale Internationale
Arrivée le 14 février à bord de la Station Spatiale Internationale, Sophie Adenot a désormais dépassé les 50 jours dans l’espace, doublant la durée de la première astronaute française Claudie Haigneré qui totalise 25 jours en 2 vols.
La mission εpsilon de Sophie Adenot a rapidement commencé avec des expériences scientifiques et des activités de maintenance.
Dès les premiers jours, elle a remplacé du matériel informatique destiné à soutenir des recherches sur la fabrication de médicaments dans l’espace.
Comme tous nouveaux astronautes dans l’ISS, Sophie a eu le droit à une sorte de bizutage avec la maintenance du système de recyclage des eaux usées et des toilettes.
Tous les jours, Sophie fait de l’exercice, au moins 2 heures par jour, pour entretenir sa forme physique afin de limiter les effets de la microgravité sur son corps : atrophie musculaire, perte osseuse, risques de troubles cardiovasculaires accrus, …
Elle utilise par exemple l’Advanced Resistive Exercise Device (ARED), qui imite les poids libres sur Terre. Dans certains cas, l’exercice se fait dans le cadre d’une étude, un équipement vidéo avancé surveillant son système musculosquelettique pendant son entraînement en microgravité, afin d’optimiser les exercices.
Sophie est le sujet de plusieurs études. Par exemple, l’astronaute Jack Hathaway a utilisé l’appareil Ultrasound 2 pour scanner les veines de l’astronaute française, tandis que des médecins sur Terre surveillaient les résultats.
Les expériences françaises d’εpsilon ont commencé
Sept expériences développées par le CADMOS (Centre d’Aide au Développement des Activités en Micropesanteur et des Opérations Spatiales) du CNES vont commencer avec la mission de Sophie Adenot. Comme pour les missions Proxima ou Alpha de Thomas Pesquet, des expériences ont débuté avec l’arrivée de l’astronaute français mais se poursuivent également par la suite. D’ailleurs Sophie va en continuer certaines.
Echofinder
Sophie et Jack Hathaway ont réalisé 2 sessions de l’expérience Echofinder


EchoFinder vise à résoudre un défi crucial pour l’exploration spatiale habitée : comment permettre aux astronautes de réaliser des échographies fiables sans formation médicale et sans assistance en temps réel d’un médecin ? Echofinder utilise la réalité augmentée et l’intelligence artificielle : Une interface guide l’astronaute en indiquant précisément où positionner la sonde d’échographie sur le corps. Une fois la sonde correctement placée, un système d’IA identifie les organes et enregistre les images. Ces images pourraient ensuite être envoyées à des équipes médicales sur Terre pour un diagnostic.


Cette technologie est conçue pour les missions spatiales où les délais de communication rendent impossible une assistance médicale à distance. Elle pourrait également avoir des applications sur Terre, par exemple sur des navires en mer, dans des sous-marins ou dans des zones reculées sans accès immédiat à une expertise médicale.
Avec Jessica Meir, Sophie Adenot a aussi conduit l’expérience RelaxPro de l’ESA, une étude sur l’impact de la méditation et de la relaxation pour réduire le stress et améliorer le sommeil chez les explorateurs loin de chez eux.
Physiotool
Sophie Adenot a commencé une autre expérience développée par le CADMOS : Physiotool.

PhysioTool introduit un nouveau concept médical utilisant des capteurs physiologiques synchronisés et mobiles pour surveiller la santé des astronautes pendant leurs activités quotidiennes. Les paramètres mesurés : l’activité neuronale artérielle, le flux et la pression sanguine, la fréquence cardiaque, la température, la saturation en oxygène, la fréquence respiratoire et le sommeil.
Trois types de capteurs sont utilisés : des électrodes pour surveiller les paramètres musculaires et cardiovasculaires, des optodes (capteurs basés sur la lumière) pour mesurer les niveaux locaux d’oxygène dans le sang et des oxymètres pour mesurer la saturation artérielle en oxygène.
En parallèle, des exercices cognitifs sur tablette permettent d’évaluer la concentration, la prise de décision et la mémoire des astronautes. Les données recueillies aideront à mieux préparer les équipages pour les missions de longue durée, où leurs capacités comportementales, leur jugement et leurs fonctions cognitives pourraient être affectés.
Cette technologie pourrait être utile dans des environnements nécessitant une surveillance continue de la santé, comme les établissements de soins de longue durée, les domiciles de personnes à risque, ou encore les environnements isolés (navires, sous-marins, bases scientifiques reculées).
Des photos depuis l’ISS
Pendant son temps libre, Sophie prend des clichés de la Terre, essentiellement depuis la Cupola, endroit privilégié pour les astronautes dans l’ISS, une vraie « fenêtre sur la Terre » fabriquée en Europe par Thales Alenia Space Italie.
Plus de photos à découvrir sur le compte X de Sophie ou Flickr
Et la gastronomie française
Comme expliqué dans mon précédent article, Sophie Adenot a amèné des repas « bonus » pour l’équipage de la Station. Ils en ont profité le 21 mars.


Les autres activités
Avec Jack Hatahway, Sophie a aidé Jessica Meir et Christopher Williams pour leur sortie spatiale du 19 mars.
Pendant ces 50 jours dans l’ISS, l’Expedition 74 a participé au départ de 3 cargos de ravitaillement. Par exemple, pour le retour sur Terre du cargo Dragon CRS-33 le 27 février, Sophie a participé au transfert des congélateurs scientifiques portables contenant de nombreux échantillons de recherche qui seront analysés sur Terre.
Il y a eu aussi des séances avec des médias.
La mission de Sophie Adenot ne fait que commencer. Elle doit durer entre 8 et 9 mois. D’autres articles à venir !
Sources principales : blog NASA ISS et blog ESA Epsilon + ma visite du CADMOS fin 2025.











