Résumé des jours 3 et 4 de la mission Artemis II
Que s’est-il passé dans la mission Artemis II les 3 et 4 avril, au jours 3 et 4 de la mission ?

Après une manœuvre d’injection trans lunaire le 2 avril plaçant le vaisseau Orion et son équipage sur une trajectoire vers la Lune, Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen ont eu enfin un repos d’environ 8 heures
A leur réveil le 3 avril vers 13h00 EDT (soit 19h00 heure de Paris), le vaisseau se trouvaient à environ 160 000 km de la Terre [la distance Terre-Lune est de 384 400 km en moyenne]. L’équipage devait se préparer à une correction de trajectoire, la première de 3 ajustements planifiés, mais finalement cette manœuvre a été annulée car la trajectoire actuelle du vaisseau est déjà conforme au plan de vol prévu.
Les 4 astronautes ont préparé le matériel pour les observations qu’ils feront quand ils survoleront la face cachée de la Lune lundi 6 avril. Celle-ci devrait être avoir environ 20 % de sa surface éclairée par le Soleil.

L’équipage a effectué également une démonstration de réanimation cardio-pulmonaire (RCP) et de réponse aux étouffements pour évaluer les procédures médicales d’urgence à bord du vaisseau. Ils ont aussi continué leurs séances d’exercice régulières à l’aide du dispositif à volant d’inertie pour maintenir leur condition cardiovasculaire.
Dans la deuxième partie de la journée, Christina Koch a testé le système de communication d’urgence d’Orion via le Deep Space Network, vérifiant ses performances alors que le vaisseau s’éloigne de la Terre. Le système de communication optique d’Orion, connecté à deux stations terrestres aux États-Unis, transmet des vidéos haute définition et d’autres données de la mission vers la Terre, relayées en temps réel au centre de contrôle de Houston.
L’équipage est ensuite reparti pour une nouvelle période de sommeil vers 8h00 UTC le samedi 4 avril.

Au jour 4, au réveil de l’équipage, le vaisseau se trouvait à environ 272 000 km de la Terre et approchaient de la Lune, située à 178 000 km.
Plus tard dans la journée, Victor Glover et Christina Koch ont pris les commandes manuelles du vaisseau pour tester ses performances en espace lointain et recueillir davantage de données sur son comportement lors de différents mouvements.

Pendant 41 minutes, ils ont évalué deux modes de propulsion différents (six et trois degrés de liberté), fournissant ainsi aux ingénieurs des données supplémentaires sur les capacités de pilotage d’Orion.
Orion peut voler selon deux modes principaux :
- Mode à six degrés de liberté (6-DOF) : Orion peut ajuster son roulis, son tangage et son lacet sans modifier sa trajectoire globale dans l’espace. Les moteurs du système de contrôle de réaction compensent toute dérive due aux changements d’attitude, maintenant Orion sur une trajectoire stable. Ce mode est plus complexe et consomme plus de carburant, mais il permet une précision optimale.
- Mode à trois degrés de liberté (3-DOF) : Orion contrôle uniquement son roulis, son tangage et son lacet, sans corriger automatiquement la dérive. Ce mode est plus économe en carburant et nécessite moins de calculs, mais il entraîne une déviation progressive de la trajectoire initiale, qui doit être corrigée lors des prochaines manœuvres. Ce mode a été testé avec succès lors de la mission Artemis I (sans équipage).

Dans l’espace, un vaisseau comme Orion peut se déplacer dans toutes les dimensions. L’illustration montre la terminologie utilisée pour décrire son orientation et son contrôle :
Roulis (Roll) : Rotation autour de l’axe longitudinal (avant-arrière) ; Tangage (Pitch) : Rotation autour de l’axe transversal (gauche-droite) ; Lacet (Yaw) : Rotation autour de l’axe vertical (haut-bas).
Le commandant Reid Wiseman et le pilote Victor Glover répéteront cette démonstration lors du huitième jour de vol (mercredi 9 avril) pour offrir aux équipes au sol autant de données que possible sur le comportement du vaisseau.
Un test acoustique de 24 heures est réalisé pour aider les ingénieurs à caractériser l’environnement sonore à bord du vaisseau.

Une seconde correction de trajectoire était prévue au Jour 4 de la mission mais a été également annulée, car la trajectoire d’Orion reste conforme au plan de vol. Le Mission Contrôl a plutôt ajusté l’orientation du vaisseau pour diriger une conduite de ventilation vers le Soleil, afin de dégager une ligne d’évacuation des eaux usées. En clair, les toilettes étaient bouchées ! Ce type de situation avait déjà été rencontrée sur la Navette Spatiale. Les astronautes ont des « dispositifs de collecte de secours » si nécessaire [sans doute des couches].
Peu après 16h00 UTC, le système de communication optique d’Orion a transmis plus de 100 giga-octets de données, y compris des images haute résolution. Ce terminal, monté à l’extérieur de la capsule, utilise des communications laser (lumière infrarouge) pour transmettre plus de données que les systèmes radiofréquence traditionnels. Ces démonstrations soulignent le potentiel des communications laser pour les missions lunaires, alors que les opérations deviennent plus complexes.

Lundi, le survol de Lune
Le survol de la Lune commencera lundi 6 avril à 18h45 UTC (20h45 heure de Paris), lorsque les hublots principaux d’Orion seront orientés vers la Lune et que l’équipage sera assez proche pour effectuer des observations scientifiques.

L’équipage verra la Lune sous un angle unique par rapport aux missions Apollo, qui survolaient la surface à environ 113 km d’altitude. Orion passera à 6 543 km de la Lune au plus près, vers 23h02 UTC. À cette distance, l’équipage pourra observer l’intégralité du disque lunaire, y compris les régions proches des pôles Nord et Sud. Lorsque Orion passera derrière la Lune, la mission subira une coupure de communication planifiée d’environ 40 minutes. Pendant cette période, la Lune bloquera les signaux radio entre le Deep Space Network (DSN) et le vaisseau. Le retour des communications est prévu pour 23h27 UTC.
En plus du survol, le vaisseau devrait dépasser le record de distance de la mission Apollo 13 de 6 600 km et atteindra sa distance maximale de la Terre à 23h05 UTC, soit 406 740 km. La trajectoire d’Apollo 13 autour de la Lune avait emporté son équipage à 400 170 km de la Terre.
Pendant ces 2 jours, les astronautes ont donné plusieurs interviews à des médias américains et canadiens. Voici l’une de celle de Jeremy Hansen qui parle en partie en français :
image de couverture : Christina Koch regardant la Terre le 2 avril 2026 (crédit NASA)

