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Artemis

Comment l’Europe est impliquée dans la mission Artemis II

Pour beaucoup, la mission Artemis II, le premier équipage de retour vers la Lune depuis 1972, est une mission NASA et uniquement NASA. Il ne faudrait pas oublier que l’Europe y est présente.

L’Agence Spatiale Européenne est le fournisseur du module de service du vaisseau Orion, ou ESM (European Service Module).

Mission Artemis II : À gauche, vue sur le moteur principal et les moteurs auxiliaires de l’ESM d’Orion avant la TLI. À droite, la Terre. (crédit ESA/NASA)

Le module dispose de trois types de moteurs qui fonctionnent ensemble, chacun ayant un rôle spécifique pendant la mission.

Le module de service européen propulse Orion dans l’espace lointain grâce à ses 33 moteurs – Illustration (crédit ESA-D. Ducros, A. Brancaccio)

Un seul moteur principal fournit les grands changements de vitesse nécessaires pour envoyer Orion vers la Lune. Ce moteur a été utilisé pour l’injection trans-lunaire du 2 avril. Il est soutenu par 8 moteurs auxiliaires, qui sont utilisés pour les corrections orbitales et peuvent soutenir le moteur principal si nécessaire. Pour un contrôle précis, 24 moteurs de contrôle de réaction (RCS, Reaction Control System) plus petits, disposés en 6 modules, sont utilisés pour faire tourner et orienter le vaisseau spatial. S’allumant individuellement ou en combinaison, ils permettent à Orion d’ajuster sa position avec une précision exceptionnelle. Ainsi, les corrections de trajectoire pour survoler la Lune sont réalisées par les moteurs auxiliaires ou les RCS.

Mission Artemis II : vue sur un groupe de RCS (crédit ESA/NASA)

En plus de la propulsion, l’ESM fournit également l’oxygène et des réserves d’eau à l’équipage ainsi que le contrôle thermique de la capsule. L’ESM fournit aussi l’électricité indispensable au vaisseau grâce à ses 4 panneaux solaires.

Orion est alimenté par des panneaux solaires développés et construits par l’équipe d’Airbus à Leiden, aux Pays-Bas.
Envergure des panneaux solaires : 7 mètres (envergure totale de l’ESM : 19 mètres)
Capacité d’inclinaison : 60 degrés vers l’avant et vers l’arrière
Poids total des panneaux solaires : 255 kilogrammes
4 ailes composées chacune de 3 panneaux avec 1 250 cellules en Arseniure de Gallium
15 000 cellules au total fournissent à l’Orion ESM 11,1 kW pour sa mission

C’est aussi grâce aux caméras installées sur le module de service, notamment au bout des panneaux solaires, que l’on peut avoir de belles images de la mission.

Illustration de la position des caméras sur la mission Artemis I. Sauf indication contraitre, cela doit être les mêmes emplacements sur la mission Artemis II (crédit NASA)

Des équipes européennes au sein de l’équipe de contrôle de la mission

Des équipes d’ingénieurs surveillent chaque étape de la mission Artemis II depuis la Terre au sein de la Mission Evaluation Room (MER) au Centre Johnson de la NASA à Houston, 24 heures sur 24. Parmi elles, des personnes de l’ESA et d’Airbus Space, maître d’oeuvre de l’ESM.

Ils analysent en temps réel les performances d’Orion (pressions, températures, niveaux de carburant, etc.). Ils anticipent les risques en collectant et analysant les données pour détecter toute anomalie ou comportement inattendu. Ils conseillent les contrôleurs de vol situés dans la White Flight Control Room. Ils fournissent une expertise approfondie sur les sous-systèmes du vaisseau.

L’équipe de la salle d’évaluation de la mission Orion dans la nouvelle salle d’évaluation du Johnson Space Center de la NASA à Houston le 18 août 2025. Dans la salle d’évaluation de la mission, des ingénieurs de la NASA, de Lockheed Martin, de l’ESA et d’Airbus, apportent leur connaissance approfondie des sous-systèmes et des fonctions du vaisseau spatial. Ces experts surveillent méticuleusement Orion tout au long de son voyage au cours de la mission Artemis II (crédit NASA-J. Valcarcel)

Les ingénieurs sont répartis sur 24 consoles spécialisées (chaque console est généralement occupée par deux ingénieurs experts dans leur domaine), avec des équipes en rotation sur 3 rotations quotidiennes. En cas de situation inattendue, la MER peut mobiliser des ressources supplémentaires, notamment des experts d’autres centres de la NASA, du laboratoire d’essais de Lockheed Martin, et de l’ESA.

Des équipes à l’ESA suivent en continu la mission

Au Centre technique ESTEC de l’ESA, aux Pays-Bas, des ingénieurs de l’ESA et des industriels impliqués dans la construction de l’ESM, dans la salle dédiée « Eagle Room » [salle de l’aigle], ils surveillent en continu les données de télémétrie du vaisseau, connecté au centre Johnson de la NASA. Ils sont capables de réagir rapidement en cas d’anomalie, en coordination avec la MER à Houston.

Dans la Eagle Room à l’ESTEC (crédit ESA)

L’équipe de propulsion s’assure que les 33 moteurs de l’ESM fonctionnent parfaitement : santé des moteurs avant et après chaque allumage, la température et la pression des réservoirs et des valves. Ils évaluent chaque poussée pour guider les décisions de la NASA.

Parce que nous avons construit le vaisseau spatial, nous en connaissons chaque élément, jusqu’au dernier capteur. C’est pourquoi, en cas d’anomalies, nous pouvons évaluer en toute confiance si la mission peut se poursuivre en toute sécurité et comment effectuer les ajustements nécessaires pendant le vol”, explique Michael Flach, architecte de propulsion du module de service européen d’Orion chez Airbus Space.

Le suivi médical depuis le Centre des astronautes européens

À l’European Astronaut Center (EAC), près de Cologne en Allemagne, une équipe plus restreinte soutien la mission via l’application EveryWear. Cette application permet aux astronautes de suivre leur santé (nutrition, médicaments, questionnaires médicaux) et de communiquer de manière sécurisée avec les médecins de vol.

C’est l’ensemble de ces équipes qui assruent la sécurité de la mission Artemis II et de son équipage.


Source principale

Photo de couverture : Le vaisseau spatial Orion avec la Lune au loin, par une caméra située à l’extrémité de l’un de ses panneaux solaires, au 2e jour de mission (crédit ESA/NASA).

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