Rêves d'Espace

Un site sur l'actualité spatiale : les vols habités, les lancements, l'exploration de l'espace, les grandes missions actuelles et futures

Artemis

Mission accomplie : Les 4 astronautes d’Artemis II de retour après leur voyage lunaire

Après 10 jours de mission, le vaisseau spatial Orion et l’équipage, Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen, sont rentrés sur Terre le 11 avril.

Le vaisseau spatial avait commencé son voyage retour après le survol de la Lune le 6 avril.

Le vaisseau Orion d’Artemis II le 7/04/2026 au 7e jour de mission par l’une des caméras au bout d’une des 4 panneaux solaires (crédit NASA)

Le 10 avril, 5 heures avant la rentrée atmosphérique, les moteurs auxiliaires du module de service d’Orion ont été allumés pendant 8 secondes afin d’affiner la trajectoire retour vers la Terre et accélérant le vaisseau de 5,5 km/h.

Jour 10 de la mission Artemis II, Orion voyageant à 15 884 km/h, à 31 182 km de la Terre et à 359 527 km de la Lune (crédit ESA/NASA)

Une rentrée modifiée par rapport à Artemis I

Le module d’équipage du vaisseau spatial Orion de la NASA s’est séparé avec succès de son module de service le samedi 10 avril à 23h33 UTC.

Cela conclut la mission de propulsion, de contrôle thermique, de fourniture d’alimentation électrique et de diffusions de magnifiques images grâce aux caméras fixées aux extrémités des panneaux solaires de l’ESM, l’European Service Module, fourni par l’ESA.

Ensuite, le module d’équipage a effectué une « Lofted Entry », ou entrée en vol plané. Il s’agit d’une trajectoire de rentrée où la capsule Orion maintient une altitude d’environ 60 kilomètres pendant quelques minutes, ce qui permet de réduire progressivement sa vitesse avant de poursuivre sa descente vers l’amerrissage. Cette approche, appelée aussi « skip entry » ou entrée en ricochet, a été optimisée pour limiter les contraintes thermiques sur le bouclier thermique, tout en améliorant la précision de l’atterrissage dans la zone cible. C’est une manœuvre de rentrée atmosphérique modifiée par rapport à la mission Artemis 1 en raison des anomalies rencontrées sur le bouclier thermique d’Orion lors de cette première mission.

Orion entre dans l’atmosphère terrestre à 400 000 pieds (~122 km) 13 minutes avant l’amerrissage. Vol atemosphérique à 200 000 pieds (61 km). Éjection du couvercle de la baie avant entre 36 000 pieds (11 km) et 24 000 pieds (7,3 km). Déploiement des parachutes pilotes et principaux à 22 000 pieds (6,7 km) et 5 600 pieds (1,70 km) (crédit NASA live)

Pendant la rentrée dans l’atmosphère, l’énorme chaleur générée a transformé l’air entourant la capsule en plasma, ce qui perturba les communications avec le vaisseau spatial pendant environ 6 minutes.

Pendant le live NASA, la caméra montre l’apparition du plasma à travers le hublot quelques secondes avant le black out des communications

La rentrée atmosphérique s’est faite à près de 40 000 km/h. La température au niveau du bouclier thermique a atteint selon les simulations la température de 2760°C. L’équipage asubi un peu moins de 4G d’accélération.

Les premiers parachutes, les pilotes se sont déployés à 22 000 pieds (6,7 km) afin de commencer à ralentir la caspule. Puis ce fut le tour des 3 derniers parachutes principaux de 35 m de diamètre chacun, à 5 000 pieds d’altitude (~1600 m), pour ralentir la capsule à une vitesse d’environ 32 km/h.

Les parachutes pilotes sont déployés sur la capsule Orion Artemis II (crédit NASA/Joel Kowsky)

La capsule Orion a terminé sa course dans l’Océan Pacifique au large de la Californie à 2h07 UTC.

La capsule Orion d’Artemis 2 ammerrit au large de San Diego le 11/04/2026 (crédit NASA/Josh Valcarcel)

Le système de redressement du module d’équipage, ou CMUS (Crew Module Uprighting System), a ensuite déployé cinq sacs orange vif remplis d’hélium sur le dessus de la capsule pour la redresser en cas de stabilisation à l’envers. La capsule doit être verticale pour que les systèmes de communication du module d’équipage fonctionnent correctement et pour la sécurité de l’équipage.

La capsule Orion est vu alors que les équipes de récupération travaillent à sécuriser le vaisseau avant de transférer les membres de l’équipage d’Artemis I sur un bateau (crédit NASA/Joel Kowsky)

Environ une heure après l’amerrissage, l’équipage a été extrait d’Orion puis transporté par avion vers l’USS John P. Murtha. Des hélicoptères de la marine les ont transporté ensuite jusqu’au navire. Une fois à bord, les astronautes ont subis des évaluations médicales post-mission avant de retourner à terre pour monter à bord d’un avion à destination du Johnson Space Center de la NASA à Houston.

Pour l’histoire du vol habité

Lors de cette mission Artemis II, Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen ont dépassé le record de distance de la mission Apollo 13 de 6 600 km, soit 406 740 km.

Christina Koch est devenue la première femme à avoir volé en dehors de l’orbtie terrestre, et jeremy Hansen, le premier non- Américain pour cet exploit.

L’équipage Artemis II dans le vaisseau Orion le 7/04/2026. de gauche à droite, Christina Koch, Jeremy Hansen, Victor Glover et Reid Wiseman (crédit NaSA)

La mission n’est pas complètement terminée

Les équipes du Centre de Contrôle de mission du Johnson Space Center de la NASA à Houston ont mis hors tension la caspule après l’amerrissage. Le personnel de récupération ont, eux, amené la capsule vers le navire de récupération, l’USS John P. Murtha.

Artemis II Recovery (NHQ202604110006)
Récupération du vaisseau Orion dans le pont de l’USS John P. Murtha dans l’océan Pacifique au large des côtes de Californie, le samedi 11 avril 2026 (crédit : NASA/Joel Kowsky)

Le navire va rejoindre la base navale américaine de San Diego, où les équipes de la NASA retireront Orion du navire, puis la capsule rejoindra le Kennedy Space Center (KSC) en Floride pour une analyse post-vol.

Les données de l’ensemble vol du vaisseau vont être analysées dans les semaines et mois à venir, ainsi que les données des expériences scientifiques à bord de la capsule.

Le vol s’est globalement passé. Il y a eu un souci avec les toilettes bouchées à plusieurs reprises. Sans nul doute, il faudra optimiser le système pour les prochains vols.

Le plus inquiétant à ce jour est une fuite d’hélium sur le module de service ESM : Les valves du système de propulsion d’Orion présentent des fuites d’hélium, un gaz utilisé pour pousser le carburant à travers les réservoirs et les tuyaux alimentant les moteurs-fusées du vaisseau. Le taux de fuite observé en vol est dix fois supérieur à celui mesuré au sol, bien qu’il reste acceptable pour la mission Artemis II. Cependant, cette situation nécessite une caractérisation précise pour comprendre l’ampleur des modifications nécessaires à l’avenir

L’ESM ayant été largué et s’étant consumé dans l’atmosphère terrestre, les équipes de la NASA et de l’ESA ont essayé d’avoir un maximum de données pendant le vol. Les ingénieurs devront déterminer si une simple modification du design suffira ou si une refonte complète du fonctionnement des valves sera nécessaire.

Orion dépend des moteurs du Module de Service Européen de l’ESA pour naviguer et s’orienter dans l’espace. Les moteurs peuvent être allumés individuellement pour déplacer le vaisseau et le faire pivoter dans n’importe quelle position.
33 moteurs, 3 types : Le moteur principal a une poussée suffisante pour soulever un fourgon sur Terre , 8 moteurs de secours peuvent soulever chacun 50 kg sur Terre, 24 moteurs plus petits assurent le contrôle d’attitude.
Carburant : Oxydant MON (Mixed Oxides of Nitrogen) avec carburant MMH (Monométhylhydrazine), 4 réservoirs d’une capacité de 2000 litres chacun, les réservoirs d’hélium utilisé pour pressuriser les réservoirs et pousser le propergol vers les moteurs (crédit ESA)

La suite : très vite

La mission Artemis III est désormais prévue en 2027 et est déjà en préparation. Le module de service européen ESM est déjà au Kennedy Space Center.

Le troisième module de service européen (ESM-3) quitte la salle blanche d’Airbus Space à Brême, en Allemagne en août 2024 pour la Floride. Construit en Italie, assemblé en Allemagne et avec des contributions de toute l’Europe, l’ESA livre ce module de service à la NASA dans le cadre de la mission Artemis III vers la Lune (crédit ESA-P. Sébirot).

Le programme Artemis est en pleine modification. Un article à venir vous décrira tout ça et on suivra évidemment les prochaines missions sur le blog et les réseaux !

L’équipage d’Artemis II a pris cette photo de notre galaxie, la Voie Lactée, le 7 avril 2026 (crédit : NASA)

Tous les articles sur la mission ou le programme Artemis

Publicités

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.