Face cachée de la Lune, éclipse solaire, lever et coucher de Terre : Artemis II nous offre des images sublimes
Que s’est-il passé dans la mission Artemis II les 5 et 6 avril, aux jours 5 et 5 de la mission ? L’étape la plus attendue de la mission : le survol de la Lune.

Au début du jour 5 de la mission, l’équipage avait revêtu à nouveau ses combinaisons de vol oranges effectuant des contrôles d’étanchéité, simulant l’entrée sur leur siège et évaluant la mobilité et leur capacité à manger et à boire avec les combinaisons. Ces combinaisons sont conçues pour protéger les astronautes pendant les phases dynamiques du vol, assurer le maintien de la vie en cas de dépressurisation de la cabine et soutenir les opérations de survie après l’amerrissage. Ce test permet de vérifier les performances de la combinaison lors d’un port prolongé en microgravité.
Après une petite correction de trajectoire effectuée par les moteurs auxiliaires du vaisseau (17,5 secondes de combustion) le dimanche 5 avril, Orion était rentré dans la sphère d’influence gravitationnelle de la Lune le matin à 4h38 UTC [la gravité de la Lune exerce alors une attraction plus forte sur le vaisseau que celle de la Terre].
À 17h56 UTC, Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen ont dépassé le record de distance de la mission Apollo 13 de 6 600 km, soit 406 740 km. La trajectoire d’Apollo 13 autour de la Lune après un alunissage avorté, avait emporté son équipage à 400 170 km de la Terre.
Le survol de la Lune a commencé le 6 avril à 18h45 UTC (20h45 heure de Paris).


Alors que les hublots principaux d’Orion étaient orientés vers la Lune, l’équipage a effectué des observations scientifiques selon un programme pré-établi. L’équipage voit alors la Lune sous un angle unique par rapport aux missions Apollo, qui survolaient la surface à environ 113 km d’altitude.

L’une des principales cibles d’observations était le bassin Orientale, un cratère de près de 965 km de large qui chevauche les faces proches et éloignées de la Lune. Orientale sera entièrement illuminé et visible à mesure qu’Orion s’approchera de la Lune. Ce cratère vieux de 3,8 milliards d’années s’est formé lorsqu’un gros objet a heurté la surface lunaire et conserve des preuves claires de cette collision, notamment une topographie spectaculaire dans ses anneaux.

Le bassin de Hertzsprung, sur la face cachée de la Lune, figure également sur la liste des cibles de l’équipage. Bassin annelé plus ancien, Hertzsprung offre un contraste unique avec Orientale car ses caractéristiques ont été dégradées par les impacts ultérieurs.

Orion a survolé la surface de la Lune à 6 544 km de la Lune au plus près à 23h02 UTC. À cette distance, l’équipage a pu observer l’intégralité du disque lunaire, y compris les régions proches des pôles Nord et Sud.
Une coupure de communication planifiée d’environ 40 minutes a eu lieu lorsqu’Orion est passé derrière la Lune, la Lune bloquant les signaux radio entre le Deep Space Network (DSN) sur Terre et le vaisseau, et en l’absence satellite relais derrière la Lune [contrairement au chinois avec Queqiao]. Le retour des communications a eu lieu à 23h24 UTC.
L’équipage d’Artemis II a été témoin d’un lever et d’un coucher de Terre. Et les photos sont magnifiques :



L’équipage a pu voir ensuite une éclipse de Soleil de près d’une heure, le vaisseau se trouvant pendant un temps aligné avec la Lune et le Soleil.


Pendant l’éclipse, l’équipage a eu l’occasion de rechercher des phénomènes rarement observés qui ne sont visibles que sur une partie non éclairée de la Lune. Ils ont signalé six éclairs lumineux créés par des météoroïdes impactant la surface lunaire.

Une équipe scientifique analysera l’ensemble des clichés pris par l’équipage, qui pourraient donner des indications complémentaires à ceux des sondes robotiques.
L’équipage a proposé de renommer certaines caractéristiques lunaires en l’honneur de la mission, du nom du vaisseau Integrity et de la défunte épouse du commandant Reid Wiseman, Carroll. Ces noms seront soumis à l’Union Astronomique Internationale, l’organisation qui régit la dénomination des corps célestes et de leurs caractéristiques de surface.
Et sinon, une marque renommée de pâte à tartiner a fait une entrée fracassante sur le live NASA
Orion va quitter la sphère d’influence lunaire ce mardi 7 avril vers 17h25 UTC (19h25 heure de Paris).
La première des 3 corrections de trajectoire prévues pour rejoindre la Terre est programmée à 1h03 UTC le 8 avril.
Images de couverture : (crédit NASA)
- Lune : le terrain fortement cratérisé de la limite est du bassin pôle Sud-Aitken est visible avec le terminateur ombragé (la limite entre le jour et la nuit lunaires) en haut de l’image. Le bassin Pôle Sud-Aitken est le plus grand et le plus ancien bassin de la Lune, offrant un aperçu d’une histoire géologique ancienne construite sur des milliards d’années.
- Lever de Terre à 22h41 UTC le 6 avril 2026, lors du survol de la Lune par l’équipage d’Artemis II. Une Terre d’un bleu discret avec des nuages blancs brillants se trouve derrière la surface lunaire cratérisée. La partie sombre de la Terre connaît la nuit. Du côté diurne de la Terre, des nuages tourbillonnants sont visibles au-dessus de la région Australie et Océanie. Au premier plan, le cratère Ohm présente des bords en terrasses et un sol plat interrompu par des pics centraux. Les pics centraux se forment dans des cratères complexes lorsque la surface lunaire, liquéfiée à l’impact, éclabousse vers le haut lors de la formation du cratère.
- Eclipse solaire : Prise vers la fin du survol lunaire d’Artemis II le 6 avril, cette image montre le Soleil commençant à apparaître derrière la Lune alors que l’éclipse sort de la totalité. Seule une partie de la Lune est visible dans le cadre, son bord incurvé révélant un éclat brillant de lumière solaire revenant après près d’une heure d’obscurité. Dans les derniers instants de l’éclipse observée par l’équipage, la lumière réémergente crée un contraste frappant avec la silhouette de la Lune et révèle une topographie lunaire habituellement non visible le long du limbe lunaire.

