L’actualité spatiale de la semaine du 24 au 30 décembre : lancements chinois et russe pour finir l’année

Comme chaque année, certaines équipes de lancement ne sont pas en vacances en cette fin d’année, et encore moins les équipes en charge des mises à poste des satellites.

Lancement d’un satellite secret chinois

Lundi 24 décembre à 16h53 UTC (0h53 heure locale le 25), la Chine a effectué le lancement d’un satellite de communications secret à partir du centre de lancement des Satellites de Xichang.

Décollage Long March 3C / TJS3 le 24:/12/2018 (credit Xinhua / Wang Yulei)

Le journal « Quotidien de l’Armée de libération du peuple » a confirmé le succès du lancement 40 minutes plus tard via les réseaux sociaux, le satellite étant placé sur une orbite de transfert géostationnaire.

La charge utile est connue sous le nom de satellite de test de technologie de communication 3 (Tongxin Jishu Shiyan Weixing-3), ou TJS-3, avec peu de détails supplémentaires proposés par les médias chinois.

Il pourrait s’agir selon des experts d’un satellite d’alerte précoce pour la détection et le suivi des missiles balistiques, similaire au système américain SBIRS, et fournirait, le cas échéant, à la Chine des capacités qui lui manquaient jusqu’à présent.

 

Un lancement depuis Vostochny

Le dernier cosmodrome construit par la Russie peine à trouver un rythme de lancements soutenu. Jeudi 27 décembre à 11h07 heure locale (2h07 UTC), une Soyouz 2.1a a décollé du Cosmodrome de Vostochny, pour seulement son deuxième tir de l’année.

Décollage Soyouz 2.1a / Kanopus 5&6 le 27/12/2018 (credit GK launch services)

Les satellites Kanopus-5 et 6 d’observation de la Terre pour le gouvernement russe ont été placés avec succès sur orbite basse à 522 km d’altitude. Ils sont similaires aux satellites Kanopus du premier lancement de l’année depuis Vostochny en février dernier.

Il s’agit du premier lancement semi-commercial depuis cette base car les charges utiles secondaires étaient 26 petits satellites provenant du Japon, des États-Unis, d’Allemagne, d’Espagne et d’Afrique du Sud, lancés dans le cadre d’un contrat avec Glavkosmos et GK Launch Services, filiales commerciales de Roscomos :

  • GRUS, conçu et assemblé par Axelspace, est un microsatellite de nouvelle génération de la constellation AxelGlobe, une infrastructure d’observation de la Terre destinée à couvrir le globe quotidiennement, capable de capturer des images à une résolution de 2,5 m avec une bande de 60 km, le tout dans une masse compacte d’environ 100 kg et conçue pour fonctionner pendant au moins 5 ans.
  • 12 CubeSats Dove 3U « Flock 3k », conçus et réalisés par Planet Labs Inc. Ils vont s’ajouter à la flotte de plus de 100 satellites Dove actuellement en orbite de Planet. Les satellites Flock 3k ont ​​une masse de 5 kg chacun et une durée de vie estimée à trois ans.
  • 8 cubesats 3U Lemur de Spire Global Inc. conçus pour la collecte de données de suivi de navires par système d’identification automatique (AIS), de données météorologiques d’occultation par radio GPS (GPS-RO) et de surveillance dépendante automatique en mode diffusion ADS-B, de données de suivi des avions. Les satellites viendront compléter la constellation existante de Spire.
  • Le satellite ZACube-2, créé par des experts de l’Université de technologie du Cap-Peninsula (CPUT) et de l’Institut de technologie français sud-africain (F’SATI) en Afrique du Sud, est un démonstrateur technologique. Sa charge utile principale est un récepteur pour l’identification automatique des navires (AIS). De plus, l’engin spatial dispose d’un équipement d’imagerie en proche infrarouge permettant de détecter les incendies de forêt. Le poids de l’engin spatial est d’environ 3,5 kg avec une durée de vie en orbite d’environ 2 ans.
  • Le cubesat 2U Lume-1 , développé par l’Université de Vigo, en Espagne, utilisé en tant que segment spatial et plate-forme de communication pour le système FIRE–RS permettant la détection précoce des catastrophes naturelles, en particulier des incendies naturels. Le satellite est également un démonstrateur d’un certain nombre de nouveaux développements de l’Université de Vigo. La durée de vie estimée de l’engin spatial de 2,5 kg est de 2 ans.
  • Les satellites D-Star ONE (iSat) et D-Star ONE (Sparrow) sont construits sur la base de la deuxième génération de la plate-forme cubesat 3U  développée par la société allemande Orbital Systems GmbH. Les satellites feront la démonstration d’un certain nombre de nouvelles technologies, en particulier dans le domaine des services destinés à la communauté des radioamateurs. Chaque satellite est également équipé d’un nouveau récepteur ADS-B, développé en interne, qui sera qualifié pour l’espace.
  • Le cubeSat 1U UWE-4 construit par l’Université de Würzburg (Allemagne). Il est conçu pour démontrer un système de propulsion électrique et constitue un projet éducatif multidisciplinaire de l’université.
Les 2 satellites Kanopus et les 26 cubesats sur l’étage supérieur de la Soyouz avant mise sous coiffe (credit GK Launch Services)

Correction d’orbite de l’ISS

Le 27 décembre, une correction de l’orbite de l’ISS a été effectuée. Le système de propulsion du cargo Progress MS-10 attaché à la Station Spatiale Internationale a été allumé pendant 337,5 secondes, entraînant une augmentation de la vitesse de l’ISS de 0,65 m/s.

L’orbite de l’ISS a ainsi été ajustée pour la mettre en position favorable pour l’arrivée du prochain vaisseau Soyouz habité prévue en mars 2019.

L’orbite de l’ISS a désormais les caractéristiques suivantes :  périgée 404,4 km, apogée  422,8 km, période orbitale 92,62 min et inclinaison de l’orbite -à 51,66°.

Configuration actuelle de l’ISS au 19/12/2018 avec 4 cargos de ravitaillement amarrés et 1 vaisseau Soyouz (credit NASA)

 

Dernier lancement chinois de l’année

Il semblerait que la Chine ait procédé à son 39e et dernier lancement de l’année ce samedi 29 décembre.

En tout cas, six satellites Yunhai-2 et un satellite de communication de test Hongyang ont décollé à bord d’une Long March 2D le 29 décembre à 16h heure locale (8h00 UTC) depuis le centre de lancement des satellites de Jiuquan.

Décollage Long March 2D / Yunhai-2 & Hongyan le 29/12/2018 (credit Xinhua/Hao Wei)

Les six satellites Yunhai-2 seront utilisés pour étudier l’environnement atmosphérique, surveiller l’environnement spatial, prévenir et réduire les catastrophes et mener des expériences scientifiques, selon le communiqué officiel.

Hongyan serait quant à lui le premier satellite en orbite basse, vers 1 100 km d’altitude, pour des communications réseau à haut débit. Il serait le premier d’une constellation de 320 satellites de communications en orbite terrestre basse capable de fournir la connectivité mobile à 2 millions d’utilisateurs, le haut débit à 200 000 utilisateurs et l’IoT (Internet of Things – objets connectés) à 10 millions d’utilisateurs en Chine et aux pays limitrophes.

 

Chang’e-4 abaisse son orbite pour un atterrissage imminent

La mission chinoise Chang’e-4 en orbite autour de la Lune depuis le 12 décembre s’apprête à atterrir sur la face cachée du satellite de la Terre.

Dimanche 30 décembre, selon une publication officielle du Projet d’Exploration Lunaire en Chine (CLEP, China Lunar Exploration Project), le moteur de Chang’e-4 a été allumé à 8h54 UTC afin de le freiner et donc d’abaisser son orbite circulaire de 100 x 100 km à une orbite elliptique de 15 x 100 km.

La CNSA, China National Space Administration, a annoncé qu’elle choisira le moment propice pour l’atterrissage. Une partie du succès de la mission est notamment basée sur un ensoleillement suffisant de la zone d’atterrissage.

Depuis que Chang’e-4 est entré en orbite lunaire, le centre de contrôle au sol à Pékin a ajusté l’orbite de la sonde à deux reprises et testé la liaison de communication entre la sonde et le satellite relais Queqiao. Les ingénieurs spatiaux ont également vérifié les instruments d’imagerie et les détecteurs de télémétrie de la sonde pour se préparer à l’atterrissage.

Animation montrant Chang’e-4 sur orbite lunaire circulaire et communiquant avec le satellite relais Queqiao (credit CAST)

 

Les statiques des lancements 2018 à retrouver sur la page spécifique.

 

A ne pas rater dans les jours à venir :

3 commentaires sur “L’actualité spatiale de la semaine du 24 au 30 décembre : lancements chinois et russe pour finir l’année”

  1. NB : l’équipage du prochain vaisseau Soyouz habité sera constitué d’Aleksey N. Ovchinin (3e vol spatial, 2e orbital), de Tyler Nicklaus « Nick » Hague (2e vol spatial, 1er orbital) et de Christina M. Hammock Koch (1er vol spatial et orbital).

    Aleksey Nikolayevich Ovchinin fut, le 18 mars 2016, le 553e homme de l’espace, vols orbitaux et suborbitaux (à plus de 50 miles / 80 km) confondus, le 544e, vols orbitaux seuls.

    Tyler Nicklaus « Nick » Hague fut, le 11 octobre 2018, le 565e homme de l’espace, vols orbitaux et suborbitaux confondus ; il sera, le 28 février 2019 (en principe) le 558e, vols orbitaux seuls.

    Christina Marie « Nana » Hammock Koch effectuera son 1er vol spatial ; elle sera le 559e « homme » et la 63e femme de l’espace, vols orbitaux seuls ; elle sera aussi le 569e « homme », tous vols spatiaux confondus (le 568e étant Mark Paul « Forger » Stucky depuis le 13 décembre dernier).

    ***

    2018 restera marquée, sur le plan de l’astronautique, par le fait que la Chine soit devenue la première puissance spatiale, en tout cas en ce qui concerne le nombre de lancements, devant les USA.

    Ceci dit, elle n’a pas effectué de vol habité depuis celui de Shenzhou-11 / Tiangong-2 dans la nuit du 16 au 17 octobre 2016. Elle n’en effectuera pas non plus en cette année du Cochon (Zhu) 2019. Les lancements des Shenzhou-12 et 13 auront lieu (devraient avoir lieu) en 2020 et ceux des premiers éléments de la future station spatiale chinoise en 2022. Il n’y a pas eu non plus l’an passé (2018) comme c’était pourtant annoncé en début d’année, de nouvelle sélection de taïkonautes (taïkongrens / yuangyuans).

    A noter que c’est aussi en 2022 que l’Inde (devenue la 5e puissance mondiale devant la France et le Royaume-Désuni) effectuera son premier lancement de vyomanautes… mais on en reparlera d’ici là !

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